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Un homme accusé de meurtre dit être doux

Le Montréalais nie avoir poignardé sa conjointe

Yves Nadeau est en liberté pendant son procès pour meurtre non prémédité.
Photo Pierre-Paul Poulin Yves Nadeau est en liberté pendant son procès pour meurtre non prémédité.

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Un Montréalais vivant avec une déficience intellectuelle a catégoriquement nié avoir tué sa conjointe, soutenant plutôt qu’il est un « Capricorne pas mal doux et sans défauts ».

« C’est de valeur, mais c’est pas de ma faute à moé », a dit Yves Nadeau à la policière qui lui a annoncé la mort de sa conjointe Louise Girard.

L’homme accusé de meurtre non prémédité a tenu ces propos lors de son interrogatoire au centre opérationnel Nord de la police de Montréal, dans la nuit du 24 au 25 février 2014.

La vidéo de cet entretien avec la sergente-détective Claudette Hamelin a été présentée lundi au palais de justice de Montréal, au début du procès de l’homme âgé aujourd’hui de 59 ans.

« Rien à me reprocher »

« Je n’ai rien fait de ça. Je n’ai rien à me reprocher. On ne se chicanait même pas. Je suis un Capricorne pas mal doux. Je n’ai pas de défauts », a dit M. Nadeau.

Tout au long de l’interrogatoire qui a duré deux heures, le prévenu est resté calme, s’adressant poliment à la policière d’expérience qui le questionnait. Celle-ci lui parlait en termes simples comme le ferait une enseignante avec un enfant.

Yves Nadeau lui a expliqué que sa conjointe de 62 ans était tombée et qu’elle s’était cognée sur la télévision pendant qu’il se brossait les dents. Cela lui arrivait fréquemment de tomber, en raison d’étourdissements, a-t-il souligné.

« J’entends bang ! Crime ! Louise ! Louise ! Pour moi, elle est mal tombée », a détaillé l’accusé, qui affirme s’être précipité à son chevet. Constatant qu’elle avait perdu connaissance, il a appelé le 911.

Poignardée à mort

Toutefois, lorsque la policière a commencé à soulever des incohérences dans sa version des faits, le quinquagénaire a commencé à s’impatienter.

La sergente-détective a entre autres expliqué à Yves Nadeau que sa conjointe avait été poignardée au niveau de la poitrine et qu’un couteau ensanglanté avait été retrouvé dans leur appartement.

De plus, en regardant le corps de l’accusé à la lumière ultraviolette, les policiers ont découvert des traces de sang nettoyé sur ses bras et son ventre.

« Je commence à être tanné de te parler », a-t-il insisté.


La non-responsabilité criminelle d’Yves Nadeau pourrait être débattue en fin de procès, a fait savoir la défense, lundi, au juge de la Cour supérieure Mario Longpré.