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Un «quart de solution» contre le vandalisme à Québec

Le muraliste Phelipe Soldevila estime que la Ville ne va pas assez loin avec deux murs légaux pour les graffitis

L’artiste Phelipe Soldevila, qui a présenté récemment une exposition solo dans un local de la Côte d’Abraham (photo), a peint plusieurs grandes murales à Québec, notamment celle de l’ancien cinéma Place Charest et l’œuvre éphémère en hommage à Pearl Jam à L’Anti Bar & Spectacles qui a été effacée depuis.
Photo Stevens LeBlanc L’artiste Phelipe Soldevila, qui a présenté récemment une exposition solo dans un local de la Côte d’Abraham (photo), a peint plusieurs grandes murales à Québec, notamment celle de l’ancien cinéma Place Charest et l’œuvre éphémère en hommage à Pearl Jam à L’Anti Bar & Spectacles qui a été effacée depuis.

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Le projet pilote de deux murs légaux pour les graffitis à Québec, dès le 1er mai, aura peu d’impact sur la prolifération des tags au centre-ville, selon l’artiste muraliste Phelipe Soldevila.

«C’est une belle nouvelle mais ce n’est clairement pas assez. C’était déjà toléré (à ces endroits-là) donc ça ne va rien changer dans la pratique», a-t-il confié en entrevue, quelques jours après l’article du Journal confirmant les intentions de la Ville pour la prochaine année.

Rappelons que le conseil d’arrondissement de La Cité-Limoilou vient de désigner deux murs «légaux» qui faisaient déjà l’objet de vandalisme récurrent : la clôture bleue du parc Victoria près du skatepark et le mur de béton situé à l’extrémité du terrain de baseball au parc Dollard-des Ormeaux dans le quartier Saint-Malo.

Plan insuffisant

Phelipe Soldevila, qui s’est fait connaître en peignant quelques murales d’envergure à Québec, estime que la Ville doit envoyer un signal beaucoup plus fort et valoriser davantage cette forme d’art urbain si elle espère contrer le phénomène des graffitis illégaux dans les quartiers centraux.

Le Plan de gestion des graffitis 2017-2020 de la Ville de Québec, qui contient une cinquantaine de mesures (dont les murs légaux) ne va pas assez loin à son avis.

«C’est un plan qui est digne d’une petite ville. C’est très embryonnaire. C’est un quart de solution. Selon moi, à Québec, on va entretenir le vandalisme au lieu de créer une tradition de muralistes. Si on met l’accent sur la murale, c’est sûr que les jeunes vont vouloir se défoncer en faisant de la murale parce que c’est plus stimulant que de faire des tags.»

L’artiste cite en exemple la Ville de Gatineau avec ses quelque cinquante murs dédiés aux graffeurs.

Réglementation «niaiseuse»

M. Soldevila invite surtout Québec à assouplir la réglementation pour permettre la réalisation de murales sur les propriétés privées.

«Ça changerait tellement la game. Le côté historique de Québec rend les gens frileux. Les élus ont peur. Tu ne peux pas faire faire une murale sur ta maison s’il y a une fenêtre. Déjà, ça, c’est niaiseux...», illustre-t-il.

Dans son Plan de gestion des graffitis, la Ville a déjà prévu «entreprendre une réflexion pour encadrer la réalisation de murales extérieures».