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Canadien: une défense à revoir de fond en comble

Sénateurs c. Canadiens
Photo Martin Chevalier Shea Weber a perdu de son efficacité dans la relance de l’attaque.

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On l’a dit et on va le répéter, Marc Bergevin n’est pas au bout de ses peines et il devra réaliser un coup fumant pour gagner la confiance des consommateurs.

Et encore.

Un élément ressort de plus en plus depuis le début des séries éliminatoires : les équipes qui misent sur l’implication des défenseurs en attaque se débrouillent admirablement bien.

Les Golden Knights de Vegas en sont un exemple. Gerard Gallant donne beaucoup de liberté à ses jeunes défenseurs. Dès qu’ils en ont l’occasion, ils relancent l’attaque, ils transportent la rondelle, ils poursuivent habituellement leur incursion en zone ennemie jusqu’au gardien.

Même scénario à Nashville. Même stratégie à Columbus avec Seth Jones et Zach Werenski. Le Lightning a toujours prôné ce système.

Dans les faits, les défenseurs sont tous très rapides, à quelques exceptions près.

C’est la nouvelle tendance, c’est le hockey d’aujourd’hui et c’est la raison pour laquelle il se marque plus de buts.

On dit que la priorité de Bergevin est de dénicher un joueur de centre de très haut niveau, et c’est juste. Mais ces joueurs de centre ont besoin d’être appuyés par des défenseurs capables de relancer l’attaque, capables de repérer un coéquipier qui se démarque, capables de déranger l’adversaire.

Bergeron mise-t-il sur une unité défensive pouvant donner du lustre à l’attaque de la formation ? Qui peut transporter la rondelle de la zone défensive à la zone adverse ? Jeff Petry ? À l’occasion, oui.

Shea Weber ? Il a perdu de son efficacité dans cet aspect du jeu.

Ça laisse qui ? Victor Mete ?

Euhh...

Dans une classe à part

Il n’est peut-être pas celui qui, à chaque saison, coiffe le classement des meilleurs pointeurs de la Ligue nationale.

Il n’occupe même pas une place parmi les 10 joueurs les plus productifs.

Sauf qu’il est dans une classe à part.

Claude Julien pourrait vous parler de la polyvalence et de l’intelligence de Patrice Bergeron. Il pourrait raconter à quel point l’impact qu’il exerce chez les Bruins de Boston tient parfois de la science-fiction.

Il est l’un des meilleurs de la ligue dans le cercle des mises en jeu.

Il est l’un des meilleurs, sinon le meilleur, pour exceller sur 200 pieds.

Il est l’un des meilleurs pour écouler le temps en infériorité numérique.

Il est celui qui donne du lustre à l’attaque massive des Bruins.

Il est un leader. Un vrai.

Lors des deux premiers matchs de la série entre les Maple Leafs de Toronto et les Bruins, il a été dominant. On prévoyait un duel entre Bergeron et Auston Matthews.

Mais le joueur des Bruins a modifié le scénario à sa façon. Il a donné une clinique sur l’art de jouer avec passion. David Pastrnak et Brad Marchand ont de quoi célébrer. Ils ont l’opportunité d’évoluer avec l’un des meilleurs de sa profession.

Ce qu’on attend d’un joueur de centre, on le retrouve chez Bergeron. Et le joueur de 32 ans n’a jamais cherché à attirer les projecteurs. Pourtant, il est l’un des patineurs les plus respectés par ses pairs. Ses performances lors des deux premiers matchs de la série ne font que confirmer qu’il appartient à un groupe d’athlètes bien particuliers.

Ceux qui rendent leur sport encore plus captivant.

Dubois, l’exploit de Tortorella

Depuis le début des séries éliminatoires, y a-t-il une équipe autre celle des Blue Jackets de Columbus qui se tourne vers un patineur de 19 ans pour pivoter le premier trio ?

Pourtant, John Tortorella n’hésite aucunement à utiliser Pierre-Luc Dubois.

Au moment d’écrire ces lignes, le jeune homme s’apprêtait à affronter les Capitals de Washington dans le deuxième match de la série opposant les Blue Jackets et aux champions de la division Métropolitaine.

Lors du premier duel, Dubois a joué plus de 23 minutes, il a récolté une passe sur le but victorieux d’Artemi

Panarin, et Tortorella l’a même employé pendant que les Blue Jackets devaient limiter les dégâts face à la dangereuse attaque à cinq des Capitals.

« Je ne considère pas Dubois comme un joueur recrue. De toute façon, il ne se comporte pas comme un joueur de première année. Il apprend rapidement, il se familiarise avec toutes les situations. On lui fournit l’occasion d’étaler son talent et il capitalise sur toutes les opportunités qu’on lui offre.

Au repêchage de 2016, Jarmo Kekalainen, le directeur général des Blue Jackets, avisa ses recruteurs finlandais, qu’il ne choisirait pas Jesse Puljujarvi au troisième rang de la première ronde. Kekalainen, un Finlandais lui-même, avait tranché le débat. C’était Dubois et non Puljujarvi, sélectionné par les Oilers d’Edmonton au quatrième rang.

Aujourd’hui, les Blue Jackets se félicitent d’avoir pris cette décision. Dubois joue entre Panarin et Cam Atkinson alors que Puljujarvi a du mal à percer la formation des Oilers.

Heureusement pour les Blue Jackets.

Les décideurs de la formation grimacent chaque fois qu’ils consultent les résultats des Golden Knights de Vegas et qu’ils s’arrêtent sur William Karlsson, qui évoluait comme avec leur organisation l’an dernier.

Dubois a su faire oublier cette erreur de parcours.

Profondeur

Les Predators de Nashville ont terminé au premier rang du classement général, mais ne cherchez pas dans la colonne des meilleurs pointeurs un porte-couleurs de cette formation ayant atteint le plateau de 70 points.

Il n’y en a aucun.

Sauf que c’est une formation ayant de la profondeur autant en attaque qu’en défense. Elle possède quatre bonnes lignes d’attaque, elle compte sur quatre défenseurs de haut niveau. Et Pekka Rinne n’a plus besoin de présentation.

Depuis 1986, cinq équipes ont remporté la coupe Stanley avec aucun patineur n’ayant récolté plus de 70 points. Mais aucune de ces cinq formations n’a remporté le trophée du Président.

Humm... Va-t-on assister à une première ?