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Génération nostalgique

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Fascinante, cette chronique à quatre mains offerte hier par Jean-Marc et Philippe Léger.

Le père et le fils utilisent des données de sondage pour favoriser un échange entre leurs générations respectives, les baby-boomers et les milléniaux. Dans leur plus récent texte, ils démontrent que ces derniers sont plus nombreux à penser que « les choses allaient mieux avant ». C’est 57 % des 18-24 ans qui sont d’accord avec cet énoncé, alors que ce sont 47 % de leurs parents qui pensent ainsi.

On présente souvent les boomers comme une génération lyrique, persuadés que c’est pendant leur jeunesse qu’on a atteint le summum de l’humanité pour régresser depuis. Manifestement, les premiers qu’ils ont réussi à convaincre sont leurs enfants.

Faites-le vous-mêmes !

Ce n’est pas surprenant, quand on y pense. Appartenant moi-même au groupe d’âge qui se tient entre les X et les Y, ces fameux xéniaux qui ont eu une enfance analogique avant de grandir dans l’ère numérique, je remarque depuis longtemps que ceux qui m’entourent et qui me suivent sont de grands nostalgiques.

Et ce n’est pas qu’au Québec. Il n’y a qu’à voir les gens branchés laisser pousser leur barbe et adopter avec frénésie la mode du « faites-le vous-mêmes », qu’il s’agisse de bière ou de conserves. Le « retro-gaming » – cet enthousiasme pour les jeux vidéo dépassés technologiquement, mais qui rappellent l’enfance – en est un autre témoignage, tout comme le succès de séries comme Stranger Things et de ses gaufres Eggo.

Au Québec, Les Cowboys fringants ont rempli plusieurs Centre Bell en chantant la nostalgie de Passe-Partout, des voyages dans l’Ouest et en reprenant le thème de La Guerre des tuques.

Temps incertains

C’est un signe des temps. Quand l’époque est incertaine, on se tourne vers ce qui rassure. C’est un principe de marketing établi.

Pourtant, on vit mieux et plus longtemps que jamais, et le monde, malgré ce qu’on en pense, n’a jamais été aussi pacifique.

Qu’est-ce qui inquiète, alors ?

Peut-être s’agit-il de l’état de la planète et de la santé de nos démocraties.