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La trahison des juristes

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J’ai dû relire la nouvelle avant d’y croire. Hier, La Presse nous apprenait que le Barreau du Québec et celui de Montréal ont décidé de chercher à faire invalider devant les tribunaux les lois québécoises parce qu’elles seraient apparemment inconstitutionnelles.

Français

La raison ? En ce moment, le processus législatif se passerait en français. La traduction anglaise arriverait à la toute fin, alors que selon la constitution canadienne, les versions française et anglaise devraient être élaborées et adoptées simultanément. Autrement dit, le français serait privilégié.

Ceux qui mènent cet assaut se cachent derrière des arguties juridiques et des arguments pratico-pratiques. Mais il ne faut pas se laisser bluffer et nous devons nommer les choses par leur nom. Nous sommes devant une déclaration de guerre pure et simple contre l’idée même du Québec français, au cœur de l’héritage de la Révolution tranquille.

On pourrait même dire qu’il s’agit d’une déclaration de guerre contre le peuple québécois qui s’est historiquement approprié son État pour assurer sa survie en Amérique, là où la langue française est par définition fragilisée.

Le Barreau entre en guerre contre le français. Sa pseudo-sagesse en prend pour son rhume. Ce n’est pas la première fois que cette institution à laquelle on prête une forme de supériorité morale qu’elle ne mérite pas se plante. Mais là, elle se plante gravement.

Amorphes ?

Les juristes sont essentiels à toute société. Ils appartiennent à son élite sociale, politique et économique. Mais ils peuvent errer. Là, ils trahissent le Québec. Ils s’engagent dans une action militante pour neutraliser son identité culturelle. Ils veulent mettre le Québec aux ordres d’un Canada qui nie son identité.

On peut espérer que la grande majorité des juristes se révoltent contre ceux qui les entraînent dans cette mauvaise aventure. À moins qu’ils ne soient amorphes ?

Le Québec se décompose morceau par morceau et se laisse dépecer dans l’indifférence.