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Le temps de la Grande Séduction

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À moyen terme, où les stations de radio des plus grands centres (Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke, Gatineau ou Saguenay) vont-elles trouver des animateurs ayant 3, 4 ou 5 ans d’expérience afin de pourvoir les postes vacants si les radios régionales se dévitalisent? J’exclus Montréal de l’équation, elle a son propre système solaire radiophonique.

La logique du sport professionnel veut que la grande majorité des athlètes passe par la filière des club-écoles.

La quasi-totalité des jeunes humoristes parcourt le Québec passant de petites salles en petites salles, dépensant souvent plus qu’ils ne gagnent, pour développer leur art et prendre de l’expérience.

La radio n’est pas différente. La plupart des animateurs que vous écoutez aujourd’hui ont débuté dans de petits marchés où ils ont pu développer leur polyvalence et surtout faire des erreurs qui n’auront pas été fatales pour leur carrière.

À ce temps-ci de l’année, ma boîte de courriels et mon répondeur débordent de messages d’employeurs qui vont de «Connais-tu quelqu’un qui...?» à «Il FAUT que tu m’aides!».

La base de la pyramide de la relève étant de plus en plus étroite, trouver la bonne personne devient parfois impossible.

Émilie Brassard de TVA
Photo Courtoisie
Émilie Brassard de TVA

Longtemps, les employeurs à la radio pouvaient se faire proposer quatre ou cinq candidats ou candidates pour un emploi et ils pouvaient choisir celui ou celle qui avait les meilleures aptitudes ou qui semblait pouvoir le mieux s’adapter.

De nos jours, on choisira celui ou celle qui acceptera de déménager.

Karen Paquet
Photo courtoisie
Karen Paquet

Je pense au marché de Baie-Comeau, où l’on cherche une animatrice depuis plus de 18 mois. CHLC a pourtant été la chaîne où entre autres Émilie Brassard de TVA et Karen Paquet d’Énergie Québec ont fait leurs débuts. Oui, elles ont accepté de commencer hors de Québec ou de Montréal et n’en sont pas mortes.

Le même phénomène se produit à la télé, en passant.

Par exemple, TVA Gaspésie peut compter sur Pénélope Garon, journaliste de fort calibre et très expérimentée, pour diriger le service de l’information de la station basée à Carleton, endroit magnifique, s’il en est un.

Pénélope Garon
Photo Courtoisie
Pénélope Garon

Avez-vous idée de la qualité d’encadrement que recevrait tout jeune journaliste qui choisirait d’aller travailler dans cette station? Du transfert formidable de compétence que cela représente?

Pourtant, il y a peu ou pas de candidatures pour pourvoir un poste de journaliste à temps complet, affiché depuis longtemps.

Il est rare qu’une carrière glorieuse débute en restant assis dans son salon les deux pouces sur son téléphone.

On doit d’abord se prouver à soi-même que l’on est prêt à faire un effort pour progresser. Comme dans n’importe quoi.

À la radio, c’est souvent de commencer dans une chaîne régionale et essayer de: 1- Être le meilleur de sa station. 2- Être le meilleur de sa région. 3- Devenir assez bon pour que l’on fasse parler de soi à l’extérieur de sa région et se faire remarquer par une radio dans un plus grand centre.

Avant de demander une place sur le premier trio, il faut commencer par «faire l’équipe». Et si on veut «faire l’équipe» un jour, il faut être sur la glace quelque part. On ne s’améliore pas dans les gradins.

Le succès a un coût.

Combien sont prêts à payer le prix?