/weekend
Navigation

Exposer les dérives du clergé

Exposer les dérives du clergé
Photo courtoisie, Francine McNicoll

Coup d'oeil sur cet article

Délaissant temporairement Francis Pagliaro, le policier philosophe de ses quatre dernières enquêtes, le romancier Richard Ste-Marie s’attaque sans retenue aux dérives auxquelles certains membres du clergé se sont adonnés dans son nouveau roman, De ton fils charmant et clarinettiste.

Le personnage principal de ce roman, Marcel Banville, est un policier à la carrière peu exemplaire. Il ne s’est pas fait trop d’amis au fil des ans et repousse l’heure de sa retraite.

À quelques semaines de la retraite, on lui refile une enquête complexe : celle d’une série de meurtres sordides de prêtres.

Banville s’associe avec des gens qui ont, comme lui, une vision bien personnelle de la justice, pour résoudre cette enquête. Entre autres, il va s’acoquiner avec Charles McNicoll, un tueur à gages mélomane.

Les deux se lancent aux trousses d’un tueur... et découvrent beaucoup de choses au passage.

Dans ses romans précédents, Richard Ste-Marie parlait du monde des arts visuels et de celui de la musique. Mais cette fois, il explore le monde religieux, qu’il ne connaît pas.

« Je n’ai jamais été religieux. Je n’ai pas été abusé non plus. Mais on sait tous ce qui s’est passé dans ce monde-là, commente-t-il en entrevue. On a vu des films, on a lu là-dessus, on a vu aux nouvelles tout ce qu’il y a comme problèmes avec les religieux. »

Il aime que ses histoires en racontent une autre. « En racontant mon histoire de crime, où tout est fictif, naturellement, ça me donne l’occasion de raconter, comme en filigrane, une autre histoire, celle du monde de Limoilou, où j’ai vécu. Je suis venu au monde là, sur la 3e Avenue. J’ai habité sur la rue Royal-Roussillon, qui est à côté de la rue d’Aiguebelle, dont je parle dans le livre. J’ai fait mes études au Séminaire de Québec. »

Plusieurs détails sont transposés de ses propres souvenirs, notamment lorsque le policier, jeune, a une conversation sur le balcon avec sa mère.

« C’est celle que j’ai eue, moi, avec ma mère. Ce n’était pas la même conversation, ce n’était pas les mêmes personnages, mais l’ambiance est vraie. J’aime beaucoup ces petits détails qui sont en dehors de l’histoire des crimes – autrement, ce serait une histoire de crimes parmi tant d’autres et ça m’intéresse moins. »

Personnage inhabituel

Son personnage de Marcel Banville est un genre de personnage inhabituel dans ses histoires.

« C’est le genre de personnage que je n’aime pas. Mais en l’écrivant, je me suis mis à le trouver sympathique, finalement. Je pense qu’on a de la misère à le haïr, malgré tout. C’est un gars médiocre, méchant. Adolescent, il était délinquant. Comme policier, il n’est pas clean. Mais on l’aime pareil. Ça m’a permis de mettre plus d’humour cinglant. Il a des pensées un peu cyniques – ce que je n’avais pas dans mes autres livres. »

  • Richard Ste-Marie a été professeur à l’École des arts visuels de l’Université Laval de 1970 à 2000.
  • Il a mené en parallèle une carrière de musicien après avoir étudié la clarinette au Conservatoire de musique de Québec.
  • Ses romans ont remporté plusieurs prix.
Exposer les dérives du clergé
Photo courtoisie