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Elles misent sur la transparence des coûts de production pour vendre leurs souliers

Myriam Belzile-Maguire et sa sœur Romy ont voulu «casser le modèle» dans l’industrie de la mode, pour suivre la tendance de la transparence.
Photo ANNIE T. ROUSSEL Myriam Belzile-Maguire et sa sœur Romy ont voulu «casser le modèle» dans l’industrie de la mode, pour suivre la tendance de la transparence.

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Deux sœurs de Québec se sont récemment lancées dans l’industrie de la chaussure avec une seule idée en tête: offrir un produit haut de gamme à un prix transparent. Ainsi, tous les coûts de production sont inscrits en détail... sous chaque semelle qu’elles produisent.

Pas la peine de courir les aubaines chez Maguire, il n’y en a pas. Tous les produits sont vendus aux «prix qu’ils devraient être».

Casser le modèle

En affaires depuis près de deux ans, les fondatrices de l’entreprise qui porte leur nom Myriam Belzile-Maguire et sa sœur Romy ont voulu «casser le modèle» dans l’industrie de la mode, pour suivre la tendance de la transparence.

«Au-delà de savoir que c’est fait en coton bio par exemple, de plus en plus de gens veulent savoir ça vient d’où et comment ç’a été fabriqué. C’est la même chose dans le domaine alimentaire», illustre Myriam. «Les grandes compagnies n’auront pas le choix de devenir plus transparentes pour compétitionner», estime-t-elle.

Après avoir étudié la conception de chaussures au Cordwainers London College of Fashion et d’avoir travaillé dans le domaine en Italie, Myriam, âgée de 33 ans, a aussi été designer pour Pajar, United Colors of Benetton et le géant Aldo, pendant six ans. Au total, elle estime avoir dessiné près de 3000 paires de chaussures, qui ont été vendues aux quatre coins du globe. Sa sœur cadette, Romy, âgée de 30 ans, a quant à elle étudié en communication et marketing.

Myriam Belzile-Maguire et sa sœur Romy ont voulu «casser le modèle» dans l’industrie de la mode, pour suivre la tendance de la transparence.
Photo ANNIE T. ROUSSEL

Le prix n’est pas gage de qualité

En «analysant l’industrie», Myriam a rapidement réalisé qu’en mode, le prix n’est pas nécessairement gage de qualité. «C’est tout le système qui est un peu brisé à cause de ça», affirme-t-elle.

Ainsi, pour s’assurer d’offrir un prix juste, les entrepreneures contrôlent leur chaine de production de A à Z. Pendant un an, Myriam a donc voyagé en Chine, en Italie et en Éthiopie, pour trouver des usines où les employés sont respectés et les produits y sont de qualité supérieure.

«Si les employés ne sont pas bien traités, il va y avoir des défauts dans la chaussure, puisqu’ils n’auront pas le temps de bien la peindre par exemple. Tu ne peux pas donner le travail non plus à quelqu’un qui est jeune, parce qu’il n’a pas l’expérience pour que la chaussure soit impeccable», indique-t-elle, précisant qu’en Éthiopie, l’usine qui fabrique ses sacs à main a installé l’eau courante et tout le village en profite.

Même usine que des grandes marques

Lors de ses visites, elle a d’ailleurs constaté que plusieurs grandes marques internationales s’approvisionnaient au même endroit que son entreprise.

«En Chine par exemple, où je fais faire ma botte en suède extensible, moi je la vends 330$, mais j’ai un compétiteur qui produit à la même place et la vend 900$ US», mentionne-t-elle, sans toutefois vouloir donner de noms, de peur de représailles. «Nous n’avons pas les mêmes avocats!» lance-t-elle en riant. Elle compte d’ailleurs visiter une usine au Portugal en mai, dans le but de lancer une première collection pour hommes.

Passage remarqué aux Dragons

En plein démarrage, les deux entrepreneures originaires de Charny sur la Rive-Sud de Québec se sont d’ailleurs fait remarquer la semaine dernière à l’émission Dans l’œil du dragon, alors que Nicolas Duvernois a décidé d’investir avec elles. Depuis, leurs ventes ont explosé sur leur site et elles songent d’ailleurs à engager un employé à temps partiel.

Maguire aimerait aussi conquérir les marchés d’Ottawa et de Toronto au cours des prochains mois.

Pour la première fois à Québec

Pour la première fois, les fondatrices de Maguire seront de passage dans leur propre ville dès jeudi avec un concept de «boutique éphémère», située dans l’allée centrale de Place de la Cité. Elles seront également accompagnées de quatre autres marques émergentes québécoises, soit Allocoveredfashion, DUY, Horace jewelry et le Cartel.

La boutique éphémère sera en place jusqu'à dimanche.