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Lisée propose une clôture pour bloquer les migrants

Le chef du Parti québécois se rétracte par la suite

Jean-François Lisée lors de la période des questions, mercredi, à l’Assemblée nationale.
Photo Simon Clark Jean-François Lisée lors de la période des questions, mercredi, à l’Assemblée nationale.

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Le chef péquiste Jean-François Lisée a suggéré de construire une clôture pour bloquer l’accès aux demandeurs d’asile qui empruntent le chemin Roxham, mais a ensuite mis de l’eau dans son vin, craignant d’envoyer un signe d’exclusion.

Le Parti québécois (PQ) propose de suspendre l’entente sur les tiers pays sûrs, ce qui permettrait aux immigrants irréguliers qui passent en masse par le chemin Roxham en Montérégie de se tourner vers les postes frontaliers réguliers.

« Une fois qu’on a décidé ça et qu’on leur donne une autre voie, bien, avec le gouvernement fédéral, on dit : écoutez, ce chemin-là qui a été construit, maintenant élargi, et qui a des cabanes autour, on met une clôture, c’est tout. On dit : ne passez plus ici », a lancé M. Lisée mercredi lors d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale.

Pas de signe d’exclusion

Le chef péquiste a ensuite fait une seconde sortie publique plus nuancée. « Il faudra trouver une façon, la plus banale possible, pour ne pas envoyer un signe d’exclusion », a-t-il dit.

Maintient-il sa proposition de clôture ? « Peu importe », a-t-il affirmé. Il a même suggéré sur les médias sociaux d’installer une haie de cèdres ou un panneau informatif pour indiquer que le chemin était fermé.

« Si 91 % des entrées irrégulières ont lieu au Québec, c’est parce qu’on a le chemin irrégulier le plus connu au monde. Une clôture sera amplement suffisante. On a plusieurs très bons constructeurs de clôtures au Québec, on a l’embarras du choix », avait d’abord lancé le député de Rosemont aux médias.

Mais qui va payer pour ce mur, a demandé un journaliste. « Les Mexicains », a rétorqué à la blague M. Lisée.

« C’est une image »

Le chef Lisée a d’ailleurs été corrigé par sa collègue péquiste Catherine Fournier. Elle croit que sa clôture est une « image » et qu’un blocage physique serait d’ailleurs tout à fait inutile.

« En suspendant l’entente, en faisant en sorte que les gens puissent se présenter aux douanes, ça va nécessairement mettre fin à l’emploi du chemin Roxham. Quand tu as à choisir entre un poste de douane régulier ou marcher des heures dans les bois et de faire affaire avec un réseau de passeurs, c’est aisé de croire qu’on va choisir les douanes », a-t-elle lancé.

« Ce qu’il voulait dire, c’est que le chemin ne sera plus utilisé lorsque l’entente sera suspendue. C’est une image », a-t-elle ajouté.

David Heurtel, <i>ministre de l’Immigration</i>
Photo Agence QMI, Simon Clark
David Heurtel, ministre de l’Immigration

Le ministre de l’Immigration David Heurtel a dénoncé la déclaration du chef péquiste, qui « fait des farces et prend à la légère » un sujet très sérieux. « M. Lisée et le PQ proposent des solutions simplistes à un enjeu très complexe », a-t-il déploré.