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Québec donne son aval au modèle d’agriculture de Charles Sirois

Un rapport du MAPAQ est largement favorable à la stratégie d’affaires de Pangea

Charles Sirois
Photo d'archives, Francis Halin Le modèle d’acquisition de terres agricoles qui a été développé à partir de 2012 par l’homme d’affaires Charles Sirois (photo) et son associé Serge Fortin, par l’entremise de Pangea, est critiqué par le milieu agricole qui estime qu’il est responsable de l’augmentation de la valeur des terres. L’étude du ministère conclut, à ce sujet, que des analyses plus approfondies sont nécessaires.

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Québec approuve le développement de l’agriculture préconisé par l’homme d’affaires Charles Sirois, malgré les inquiétudes du milieu agricole sur la hausse du prix des terres.

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) donne son approbation au modèle Pangea dans une analyse largement favorable au deuxième plus important propriétaire de terres agricoles du Québec.

Dans son rapport, le ministère estime que le modèle mis en place par cette société d’investissement qui détient aujourd’hui près de 6000 hectares ne peut pas être «rejeté du revers de la main».

Commandée par le ministre Laurent Lessard l’an dernier, cette analyse fait suite à un investissement de 10 M$ de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans Pangea, ce qui avait soulevé l’ire de plusieurs intervenants du milieu.

«Le ministère estime que ce modèle d’affaires peut être intéressant pour les parties prenantes», est-il écrit dans le document d’une trentaine de pages.

Le MAPAQ ajoute «qu’il faut reconnaître que l’entreprise investit dans les terres agricoles et que ce type d’investissement ne peut pas être rejeté du revers de la main».

Prix des terres

L’une des principales critiques exprimées par des agriculteurs envers ce modèle est l’augmentation du prix des terres. En 2013-2014, la valeur des terres agricoles a bondi de 32 % dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, où Pangea a été particulièrement active.

Or, concernant l’impact des activités de la société, le rapport conclut qu’il faudrait une étude plus approfondie pour déterminer s’il existe une relation de cause à effet.

«C’est très insatisfaisant par rapport aux attentes qu’on avait. C’est un rapport qui tend à minimiser l’impact de Pangea pour en faire un modèle acceptable», a vivement réagi le président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau.

Pangea veut acquérir au total 20 000 hectares au Québec destinés principalement à la culture des céréales et des oléagineux.

Menace pour la ferme familiale

«Notre rôle, c’est de protéger la ferme familiale. Quand Pangea crée une structure de 1000 hectares, elle fait disparaître en moyenne dix fermes familiales. Ce n’est pas un modèle qui va soutenir le développement social et économique des régions», a ajouté M. Groleau.

Pangea estime de son côté que ce rapport permet de rétablir les faits. «On a ouvert nos livres et on a répondu à toutes les questions. Cela contredit beaucoup de choses que les gens pensaient dans le marché et qui n’étaient pas la réalité», a affirmé Serge Fortin, cofondateur, qui s’estime heureux de « l’ouverture » manifestée par le MAPAQ.

PANGEA

  • 28 M$ d’investissements
  • 6000 hectares acquis depuis 2012
  • 6 régions du Québec
  • 2 sociétés en commandite
  • 8 sociétés opérantes agricoles