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Il trouve le bonheur dans les truffes après avoir perdu 4,9 M$

Patrick Lacasse est le seul à connaître la recette de pâte de noix des truffes Lacasse. Il préfère se réveiller à l’aurore pour cuisiner plutôt que de donner la recette à un employé.
Photo Magalie Lapointe Patrick Lacasse est le seul à connaître la recette de pâte de noix des truffes Lacasse. Il préfère se réveiller à l’aurore pour cuisiner plutôt que de donner la recette à un employé.

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SAINT-PIE | Un homme de 55 ans qui a été multimillionnaire a touché le fond du baril après avoir perdu 4,9 M$. Il est maintenant plus heureux que jamais en fabriquant des truffes.

Patrick Lacasse, 55 ans, vient d’une famille de la Montérégie qui a fait fortune dans l’industrie du meuble.

Son père et ses deux oncles ont été propriétaires du Groupe Lacasse jusqu’à ce qu’ils décident de vendre à des Américains en 2000. Le chiffre d’affaires de la compagnie était alors de 120 M$. Ils fabriquaient des meubles et les vendaient aux États-Unis.

Patrick Lacasse avait fait fortune en lançant une compagnie qui faisait de la sous-traitance pour le Groupe Lacasse. Il a déjà eu jusqu’à 90 employés sous ses ordres.

Malheureux

Mais lorsque sa famille a vendu à des Américains, il avait toujours le goût de l’entrepreneuriat.

Après la crise de 2001, Patrick Lacasse s’est donc relancé en affaires. Toujours dans le domaine des meubles, mais sans son plus important client, ça a été très difficile.

Jamais il n’aura été aussi malheureux. Il avait toujours espoir que l’économie reprendrait. Hélas.

« Autant j’ai aimé ce domaine, autant je l’ai haï. Groupe Lacasse était devenu mon compétiteur. Les plus petits n’avaient plus leur place », a lancé l’homme de 55 ans.

Ce fut six années de tristesse et de désespoir.

« Ça ne durait pas juste quelques heures ou une journée. Tout était toujours sombre, je ne voyais plus clair. J’avais constamment des idées noires », s’est rappelé Patrick Lacasse.

Pertes importantes

Il a finalement vendu sa compagnie PLI en mars 2015 à un compétiteur. Il aura perdu au total 4,9 millions de dollars dans l’aventure, soit la majorité de ses économies. Même si son expérience avait été très négative, il n’a jamais perdu cette envie de faire des affaires.

Il a dû convaincre son père pour l’investissement dans une nouvelle entreprise de fabrication de truffes.

Si M. Lacasse a déjà touché le fond du baril, il faut maintenant le voir lorsqu’il parle de sa nouvelle compagnie appelée Truffes Lacasse.

« Nouveau gars »

Le 26 juin 2017, à l’âge de 55 ans et sans jamais avoir terminé son secondaire 5, il s’est relancé en affaires dans la confiserie haut de gamme. Ses yeux scintillent lorsqu’il décrit ses truffes préférées à la cannelle ou encore à la cardamome et au gingembre.

« Tout le monde dit que je suis un nouveau gars. Autant avant j’allais travailler de reculons, aujourd’hui je me lève à 5 h du matin et je suis heureux d’aller mettre la main à la pâte », a-t-il ajouté.

L’entrepreneur est passé de 90 employés à cinq. Il doit encore prendre les décisions pour son entreprise, mais il cuisine tous les jours sa pâte de noix.

« Je fabrique et je vends du bonheur. Je n’ai pas d’intérêt à me retirer prochainement », a conclu M. Lacasse.

­UN CONSEIL AUX JEUNES ENTREPRENEURS

Les jeunes veulent souvent que tout arrive rapidement. En business, il faut être persévérant, se faire confiance et ne pas se décourager.

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

  • Vendre l’entreprise PLI en 2015 pour arrêter l’hémorragie, arrêter de m’enfoncer moralement et financièrement même si j’étais très attaché à mon entreprise.

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

  • Ne pas fermer mon entreprise à temps. Si j’avais fait une étude de marché, je me serais mieux positionné et j’aurais moins perdu d’argent.