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Indésirables chez nous

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La décision du gouvernement de donner l’exclusivité de la pêche au saumon dans le Nord-du-Québec à quelques pourvoiries est un immense recul.

Il y a 40 ans, on a fermé les clubs privés, qui réservaient de vastes terrains de chasse et de pêche à l’élite. Aujourd’hui, on recrée le privilège de recevoir sur la base d’un droit acquis une clientèle issue des plus grandes fortunes internationales. Fini les voyages en hydravion arrangés à plusieurs pour ceux qui économisaient pendant des mois.

Avec Philippe Couillard, amateur de parties de pêche très exclusives, les Québécois perdent le Nord. Jean Charest avait pourtant promis de leur redonner ce territoire immense, magnifique et généreux.

«Pas chic»

Pour justifier sa décision, le gouvernement bafouille, arguant qu’on obtiendrait une meilleure gestion de la ressource en verrouillant les seuls territoires où la population de saumon est encore abondante. Tout le monde qui n’est pas multimillionnaire sera donc confiné sur les rivières où la population s’amenuise.

On a évoqué ensuite qu’il s’agit d’une demande des Inuit, qui n’ont pas confirmé l’information.

On devine néanmoins que la raison est tout autre. Marc Plourde, PDG de la Fédération des pourvoiries du Québec, déclarait d’ailleurs ceci : «Si deux guides partent le matin avec quatre clients, et arrivent dans une fosse après deux heures de bateau pour voir deux avions “parkés”, avec des gars qui piquent trois ou quatre saumons, ça ne fait pas chic.»

Pour les richissimes clients des pourvoyeurs, les Québécois sont indésirables chez eux.

Fermer le territoire

Alors que le Québec peine à occu­per pleinement son territoire, on ferme l’accès d’une partie plus vaste que la France à ceux qui l’aiment, le connaissent et le respectent le plus. Partant de là, il ne faudra pas s’étonner lorsqu’on nous le retirera tout simplement.