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Netflix veut redorer son image au Québec

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OTTAWA | Le géant américain Netflix, devenu malgré lui le symbole de l’iniquité fiscale en matière de taxation, a embauché un expert en marketing montréalais pour redorer son image.

Le Journal a appris que Netflix a récemment engagé un spécialiste de la gestion de crise bien connu pour l’aider à gérer sa marque au Québec.

« Netflix travaille avec des partenaires locaux à travers le monde, donc nous sommes heureux de travailler avec Tesla RP au Québec », a indiqué le géant du divertissement par courriel.

Netflix est sous le feu des projecteurs depuis qu’il a signé une entente controversée avec Ottawa l’automne dernier, décriée tant par Québec que par le milieu des affaires et l’industrie.

En vertu de celle-ci, Netflix est libre de ne pas imposer la taxe à ses clients, contrairement à ses concurrents canadiens, comme Tou.tv ou Illico, ce qui a créé un tollé dans la Belle Province.

Nature inconnue

On ne connaît pas la nature du mandat accordé à Tesla RP ni la valeur ou la durée du contrat.

Le président de l’entreprise de relations publiques, Louis Aucoin, affirme que son rôle consistera à « accompagner Netflix dans le développement de ses activités au Québec ». M. Aucoin soutient qu’il ne s’agit pas d’un contrat de lobbying.

Louis Aucoin, <i>stratège en communication</i>
Photo courtoisie
Louis Aucoin, stratège en communication

Ce dernier s’est déjà positionné par le passé en faveur d’une taxe sur Netflix. Il dit aujourd’hui que cette opinion est cohérente avec celle exprimée par le service de diffusion en continu américain, qui affirme payer « les taxes là où la loi le requiert ».

M. Aucoin affirme que le vif débat, au Québec, entourant la taxation des géants du web « dépasse largement Netflix », qui est, selon lui, « utilisé politiquement comme symbole pour parler d’une situation plus large ».

Bonne stratégie

Un expert en marketing se dit « surpris » que la multinationale ait pris autant de temps à embaucher un spécialiste pour soigner son image au Québec.

Selon Damien Hallegatte, de l’Université du Québec à Chicoutimi, Netflix cherche probablement à se défaire de la « perception » qu’il ne « paye pas assez de taxes », comme d’autres géants du numérique étranger.

« Ils voudraient montrer qu’ils ne sont pas des profiteurs tels qu’on les imagine, explique-t-il. Ça me paraît être une bonne stratégie. »