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Mine près de la meilleure eau au monde: des audiences publiques sont réclamées

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La MOTTE | Quatre organismes s’unissent pour réclamer des audiences publiques sur l’environnement concernant le projet de mine de lithium à moins de 500 mètres de l’ester Saint-Mathieu-Berry, réputée pour offrir une des meilleures eaux potable au monde.

La compagnie minière australienne, Sayona Mining, caresse le projet de faire une mine à ciel ouvert dans la petite localité de La Motte en Abitibi. L’entreprise admet elle-même avoir bâti son projet pour éviter qu’il y ait des audiences publiques sur l’environnement. Elle prévoit traiter 1900 tonnes de roc par jour alors que la loi prévoit que tous les projets de plus de 2000 tonnes doivent être soumis au BAPE.

Sayona Mining plaide l’urgence de développer sa mine qui ferait 1 kilomètre de long par 600 mètres de large afin de profiter de l’expansion du marché mondial du lithium, un métal utilisé dans les appareils électroniques et dans les batteries pour les voitures électriques.

Or, le projet est situé à moins de 500 mètres de la portion sud de l’esker Saint-Mathieu-Berry, une formation géologique fait de sable et de gravier qui filtre l’eau et l’emprisonne pendant des milliers d’années. Cette eau, qui fournit notamment la municipalité d’Amos en eau potable ainsi que l’usine de l’eau Eska et une brasserie, a déjà gagné le titre de meilleure eau municipale au monde.

Demande de BAPE

Une nouvelle disposition à la Loi sur les mines permet à la ministre de l’Environnement Isabelle Melançon d’exiger des audiences publiques même si le projet est de moins de 2000 tonnes par jour. Mais il doit y avoir de bonnes raisons.

Le Comité de citoyen de protection de l’Esker, Regroupement vigilance mines de l’Abitibi, Eau Secours et Québec meilleure mine ont demandé officiellement mercredi matin à la ministre de tenir des audiences publiques.

«Nous demandons à la ministre d’utiliser ses nouveaux pouvoirs parce que ce projet pourrait avoir des répercussions majeures sur l’eau et l’environnement de la région. Nous pensons que les enjeux reliés à ce projet sont tels qu’ils commandent un temps d’arrêt afin d’étudier rigoureusement les impacts potentiels, ce qui doit passer par des études indépendantes et une enquête du BAPE», a dit Michaël Pelletier-Lalonde, porte-parole du Comité de citoyen de protection de l’esker.

Sayona Mining déposera ses propres études le 18 mai. Son porte-parole Marc Parson a garanti en entrevue au Journal il y a deux semaines que les opposants allaient être convaincus qu’il n’y a aucun danger lorsqu’ils verront ses études.

Les opposants souhaitent plutôt que Québec mène ses propres études plutôt que se fier sur celles réalisées par Sayona Mining.

Une pétition a d'ailleurs été mise en ligne.