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Jongler sur son avenir en voyage

Il quitte son poste chez SNC-Lavalin pour profiter de ses 18 semaines accumulées et revoir ses priorités

Les associés de Pharonyx, Samuel Godbout et Hugo Brizard entourent des partenaires et collaborateurs de leur entreprise : Guillaume Houle, ingénieur en robotique, Claude Landry, membre du comité aviseur, Dacia Rivas et Simon Gould, ingénieur en mécanique.
Photo courtoisie Les associés de Pharonyx, Samuel Godbout et Hugo Brizard entourent des partenaires et collaborateurs de leur entreprise : Guillaume Houle, ingénieur en robotique, Claude Landry, membre du comité aviseur, Dacia Rivas et Simon Gould, ingénieur en mécanique.

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Hugo Brizard venait d’être promu architecte technologique chez SNC-Lavalin, un poste élevé pour un jeune de 31 ans avec une belle augmentation de salaire. Un jour, il a décidé de changer de cap... et ce dans tous les sens du mot.

En janvier 2016, il a pris la route avec sa conjointe, Elsa, pour un voyage de plusieurs mois. Direction : le Brésil. Lui qui avait accumulé 18 semaines de vacances en heures supplémentaires lors d’un récent mandat en Arabie saoudite, il voulait profiter d’une longue pause du travail pour se livrer à sa passion : les voyages. Son employeur, qui était en pleine restructuration, ne le voyait toutefois pas du même œil.

« Ils m’ont demandé à trois reprises si je voulais vraiment partir. Comme je maintenais ma décision, ils ont dû me “renvoyer” en novembre 2015 », raconte Hugo Brizard, qui venait ainsi d’épargner à un collègue de perdre son poste.

Une double naissance

L’ingénieur en TI maintenant sans emploi était ainsi libre de partir. Surtout, il avait la possibilité de concrétiser son désir de se lancer en affaires qu’il nourrissait depuis quelques mois. Des idées pour créer de nouveaux produits, il en avait, « mais dans une grande entreprise comme SNC-Lavalin, c’est parfois long et difficile de les faire arriver ».

Il était en route vers le Brésil quand son projet a commencé à prendre forme – un peu plus vite que prévu – au gré des communications avec celui qui allait devenir son associé, Samuel Godbout, un ancien collègue de la firme de génie prêt lui aussi à sauter le pas.

« On s’arrêtait dans les stations d’essence ou les cafés pendant quelques heures pour échanger des courriels, raconte Hugo. C’est ainsi qu’on a rédigé le plan d’affaires de Pharonyx. »

Leur idée : développer un logiciel qui offrirait une suite d’outils de gestion pour faciliter le suivi d’exécution des travaux pour les projets de construction.

« On avait acquis une expertise chez SNC-Lavalin où l’on a développé des outils pour des chantiers d’envergure. On s’est dit que les PME du domaine de la construction avaient aussi besoin de solutions technologiques pour améliorer leur productivité. »

Il était en Colombie quand il a commencé à travailler sur le prototype du logiciel K-Ops dont le développement s’est poursuivi à son retour en juillet 2016. Il est en même temps devenu papa pour la première fois avec la naissance de son fils Arthur.

« J’ai dû jongler entre les besoins de notre entreprise en démarrage et le bébé qui ne faisait pas encore ses nuits, raconte-t-il. C’était intense. »

Savoir s’entourer

Aujourd’hui, Arthur fait le bonheur de ses parents alors que Pharonyx s’apprête à lancer la version 1.0 de son logiciel K-Ops qui est offerte sur toutes les plateformes (ordinateurs ou appareils mobiles) et compatible pour IOS, Android et Windows.

« Nous avions lancé une version bêta l’automne dernier qui nous a permis de tester l’outil et d’obtenir les commentaires des utilisateurs », explique Hugo Brizard.

Plusieurs chantiers ont déjà adopté la solution de Pharonyx, et ce malgré une résistance au développement technologique dans l’industrie de la construction où l’utilisation du papier est encore répandue.

« C’est notre plus grande barrière à l’entrée, mentionne l’entrepreneur. Il y a toutefois des signes encourageants puisqu’un nombre croissant d’entreprises investissent en technologies. »

La jeune entreprise continue de développer sa clientèle en diversifiant les segments de marché en plus de viser l’exportation. Elle a la chance de faire partie du programme Propulsion du Centech, un incubateur d’entreprises relié à l’École de technologie supérieure. Grâce à ce programme d’une durée de deux ans, Hugo Brizard et son associé ont accès à une gamme de services et à du financement pour accélérer le développement de leurs produits.

Les deux entrepreneurs ont su aussi bien s’entourer. Ils sont allés chercher des experts dans le secteur de la construction. Ils peuvent également compter sur les conseils de Simon de Baene, le PDG de GSOFT, une entreprise de logiciels dont les produits sont vendus dans une centaine de pays.

« Être bien entouré quand on est en affaires, c’est bien souvent ce qui fait la différence », soutient Hugo Brizard.

Son parcours

  • Hugo Brizard, 33 ans
  • Baccalauréat en génie des technologies de l’information, École de technologie supérieure, 2006 à 2009
  • Architecte technologique, SNC-Lavalin, de 2010 à 2015
  • Coassocié chez Pharonyx, depuis 2016

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

  • « On s’est doté d’un comité aviseur où siègent des personnes d’expérience. Elles nous aident à avancer et nous permettent d’éviter certaines erreurs. » 

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

  • « Avoir voulu frapper un coup de circuit dès le premier lancer avec l’application. On a développé des fonctionnalités qui dépassaient les besoins de la clientèle visée, ce qui nous a fait perdre du temps. »

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