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La course à pied pour combattre le décrochage

Des jeunes débarquent du Nord québécois pour le Grand défi Pierre Lavoie

Willie Snowball, Karina Gordon et leur accompagnateur Nicolas Cyr, de l’école Jaanimmarik à Kuujjuaq, relèvent en fin de semaine le Grand défi Pierre Lavoie, volet course. Pour l’enseignant en éducation physique, il ne fait aucun doute que le sport permet d’accrocher les jeunes à l’école dans cette région du Québec où ils sont nombreux à quitter le secondaire sans diplôme.
Photo Didier Debusschère Willie Snowball, Karina Gordon et leur accompagnateur Nicolas Cyr, de l’école Jaanimmarik à Kuujjuaq, relèvent en fin de semaine le Grand défi Pierre Lavoie, volet course. Pour l’enseignant en éducation physique, il ne fait aucun doute que le sport permet d’accrocher les jeunes à l’école dans cette région du Québec où ils sont nombreux à quitter le secondaire sans diplôme.

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L’appel lancé par Pierre Lavoie aux jeunes du Québec a été entendu jusque dans le nord de la province, où l’on mise sur l’activité physique pour lutter contre les taux alarmants de décrochage scolaire.

Dans la mer de 5500 jeunes présents au départ de la course du Grand défi Pierre Lavoie, hier matin devant l’Assemblée nationale, à Québec, peu avaient parcouru autant de chemin que ceux sous la responsabilité de Nicolas Cyr. L’éducateur physique et ses 28 élèves de niveau secondaire ont fait le voyage depuis Kuujjuaq spécialement pour l’occasion.

Dans cette région où le taux de décrochage dépasse 80 % selon les données ministérielles les plus récentes, l’école Jaanimmarik a décidé de miser sur le sport et les autres activités parascolaires. Et ça marche, indique M. Cyr.

« Ça les motive à venir à l’école, parce que l’on convient qu’au Nunavik, le décrochage scolaire est énorme. On doit trouver maintes façons de les raccrocher. On a le sport, l’art et la photographie, mais le sport est très, très important », disait-il à quelques minutes du grand départ.

« On ne se le cachera pas, la vie au nord est extrêmement difficile », mentionnait-il, classant le manque de logements et le coût de l’alimentation aux premiers rangs des difficultés vécues par les autochtones là-bas.

Pour l’expérience

À ses côtés, Karina Gordon, 16 ans, et Willie Snowball, 17 ans, étaient tout sourire pour leur première participation à l’événement. Au-delà du défi que représente cette course à relais jusqu’à Montréal, une distance d’environ 270 km, c’est l’expérience qui les a attirés.

« Nous venons d’une très petite communauté d’environ 2000 personnes, et il doit bien y avoir ici au moins 2000 coureurs. Il y a tant de personnes ! » s’amusait la jeune Karina, qui était déjà venue à Québec par le passé.

Pour d’autres de ses camarades, il s’agit plutôt de la toute première visite dans le sud de la province. « C’est une opportunité pour eux de voir comment ça marche en dehors du Nunavik », soulignait M. Cyr.

Cette année, trois écoles du Nord québécois et sept issues de communautés autochtones prennent part à cette course monstre qui se termine au Stade olympique de Montréal, aujourd’hui.

Des modèles

Le cofondateur de l’événement, Pierre Lavoie, a salué leur présence. « Pour eux, c’est un impact majeur, car les jeunes deviennent des modèles pour leur communauté. Les autres les voient et se disent que s’ils ont réussi, ils sont capables de le faire également », a-t-il dit au Journal.

Le fondateur du Grand défi, Pierre Lavoie, qui a participé à la course.
Photo Didier Debusschère
Le fondateur du Grand défi, Pierre Lavoie, qui a participé à la course.

En tout, 145 écoles, des quatre coins de la province, participent à cette sixième édition.