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[PHOTOS] Bruyante manifestation de camionneurs à Québec

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Quelque 200 camionneurs artisans ont manifesté bruyamment pendant plusieurs heures sur la colline parlementaire à Québec, lundi, pour dénoncer la présence de camions non accrédités dans les chantiers publics.

Les travailleurs se sont joints au mouvement de plusieurs milliers de camionneurs qui se sont fait entendre aux quatre coins du Québec.

Photo Agence QMI, Marc Vallières

Après s’être rendus au centre de service du ministère des Transports sur le boulevard Pierre-Bertrand, ils ont convergé à partir de 9 h 30 à proximité de l’Assemblée nationale. Le cortège a effectué une boucle en empruntant le boulevard René-Lévesque, l’avenue Turnbull, la Grande Allée et la rue de la Chevrotière, tout en faisant crier leurs klaxons sans gêne.

Les camionneurs ont pris soin de circuler à une vitesse raisonnable et de ne pas bloquer le passage aux autres véhicules. La circulation automobile, quoique plus lourde qu’à l’habitude, est demeurée fluide dans le secteur.

Photo Simon Clark

«On dénonce l’inaction du ministère des Transports à mettre un frein à l’embauche des camionneurs non régis économiquement sur les chantiers de construction qui lui appartient», a expliqué Gaétan Légaré, directeur général à l’ANCAI à l’Association nationale des camionneurs artisans (ANCAI).

Il s’indigne que depuis 2012, les entrepreneurs sur les chantiers publics peuvent faire appel à des camionneurs qui ne sont pas soumis aux règles de la Commission du transport du Québec dans une proportion allant jusqu’à 50% de leurs besoins. Pour l’ANCAI, cette pratique ouvre la porte à la fausse facturation et va à l’encontre des recommandations de la Commission Charbonneau.

Photo Simon Clark

«C’est nos taxes, c’est impôts. Ils n’ont pas de comptes à rendre alors que nous, avec les organismes de courtage, toutes les transactions financières entre l’entrepreneur et le camionneur transitent par un compte en fiducie», a-t-il fait valoir.

Chantiers perturbés

À travers la province, la mobilisation de milliers de camionneurs artisans a perturbé de nombreux chantiers de construction et autoroutiers où ils effectuent normalement le transport de matières en vrac.

«On manifeste ce matin pour au minimum conserver notre 50% [de contrats dans les chantiers publics], et même, on espère augmenter notre pourcentage», a affirmé l’un des nombreux camionneurs sur place, Sylvain Demers.

Photo Simon Clark

Selon lui, les règles de la Commission des transports garantie préviennent la corruption et à garantissent des contrats aux entreprises locales. «Nous autres, l’ouvrage est donné équitablement entre tous les membres. Il n’y a pas de pots-de-vin qui sont versés», a-t-il souligné.

Le ministre des Transports, André Fortin, a semblé perplexe face à la sortie publique des camionneurs, affirmant qu’il n’a jamais été dans l’intention du gouvernement d’abaisser le pourcentage des contrats confiés aux camionneurs indépendants.

«On n’a pas l’intention de changer le système actuel», a-t-il confirmé en marge d’une annonce en Outaouais, en avant-midi.

Photo Simon Clark

Il a ajouté que rien n’indique que les contrats confiés à des entreprises non accréditées sont sujets à la corruption.

«Les camionneurs disent qu’en passant par notre système, on se donne un levier additionnel pour s’assurer que tout se fait selon les règles, mais il faut savoir que les autres joueurs aussi dans l’industrie ont mis en place des systèmes pour s’assurer que tout se fait selon les règles», a-t-il déclaré.

Le ministre rappelle qu’une table de discussion est en place pour permettre aux joueurs de l’industrie de faire entendre leurs revendications.

— Avec la collaboration de Catherine Bouchard