/news/currentevents
Navigation

L’impact ne pouvait être évité avec l’autopatrouille

Le motocycliste Jessy Drolet a eu une seconde et demie pour réagir, selon un expert qui a témoigné au procès de la policière

<b>Jessy Drolet</b><br />
Victime
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Jessy Drolet
Victime

Coup d'oeil sur cet article

Alors qu’il filait sur sa moto, Jessy Drolet a eu une seconde et demie pour réagir lorsqu’il a vu la voiture patrouille conduite par Isabelle Morin faire un virage sur l’autoroute Laurentienne, en zone de travaux, entre deux balises de signalisation.

Au deuxième jour du procès de la policière du Service de police de la ville de Québec accusée de conduite dangereuse causant la mort, le chef reconstitutionniste de la Sûreté du Québec, Carl Allard, a monopolisé l’attention, muni d’un rapport d’un peu plus de 320 pages. 

À l’intérieur de ce rapport, on retrouve de nombreuses photos de l’accident qui a coûté la vie au motocycliste de 38 ans, mais aussi de savants calculs pour connaître la force de l’impact.

Le 10 septembre 2015, la policière Isabelle Morin aurait effectué un virage interdit sur l’autoroute Laurentienne, à Québec, et son autopatrouille s’est fait happer par le motocycliste Jessy Drolet à une vitesse de 90 km/h. Mme Morin est accusée de conduite dangereuse causant la mort.
Photo courtoisie
Le 10 septembre 2015, la policière Isabelle Morin aurait effectué un virage interdit sur l’autoroute Laurentienne, à Québec, et son autopatrouille s’est fait happer par le motocycliste Jessy Drolet à une vitesse de 90 km/h. Mme Morin est accusée de conduite dangereuse causant la mort.

Il a été déterminé par M. Allard que la victime roulait, le soir du 10 septembre 2015, à une vitesse de pointe de 114 km/h. 

« Lorsqu’il a vu la manœuvre de la policière, 42 mètres le séparent de la voiture patrouille. Le motocycliste a freiné et la vitesse est descendue à 99 km/h. Après avoir chuté, une légère diminution de la vélocité s’est ajoutée. Au moment de l’impact, on calcule la vitesse à 90 km/h », a expliqué le policier. 

<b>Isabelle Morin</b><br />
Policière
Photo Stevens LeBlanc
Isabelle Morin
Policière

S’il est vrai de dire que la victime roulait à une vitesse supérieure à celle permise, le reconstitutionniste a effectué les mêmes calculs, mais en utilisant la vitesse maximale acceptée à l’entrée du chantier, soit 90 km/h.

À ce moment, l’impact aurait eu lieu à 57 km/h, mais là non plus, « l’impact n’aurait pu être évité ».   

Le jeu des 7 différences

Si la rigueur du reconstitutionniste a été mise de l’avant en interrogatoire principal, les choses se sont un peu corsées lorsque l’homme a été contre-interrogé de façon habile par l’avocat de la défense, Me Jean-François Bertrand.

Utilisant les photos prises le soir de l’accident et celles effectuées lors de la reconstitution, Me Bertrand a fait admettre au témoin que certains éléments étaient divergents.

Les cônes orange n’étaient pas de la même hauteur, le véhicule patrouille utilisé a d’abord été celui de la policière Morin, puis il a été changé par un véhicule de la SQ « parce que le premier a manqué d’essence » et il n’a pas non plus « envisagé la perception qu’avait pu avoir la policière au-delà de 50 mètres ».