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Cible «ambitieuse» de réduction des déchets

La Ville de Québec espère recycler et valoriser 82 % de ses ordures d’ici dix ans, loin du taux actuel de 55 %

Régis Labeaume reconnaît que la cible de 82 % pour la valorisation des déchets « ne sera pas facile » à atteindre d’ici 10 ans. Sur cette photo, dans la foulée du « vidange-gate » en 2016, il avait pris la pose avec les camions destinés à la collecte des ordures et des matières recyclables dans les rues étroites du Vieux-Québec.
Photo d'archives, Le Journal de Québec, Jean-François Desgagnés Régis Labeaume reconnaît que la cible de 82 % pour la valorisation des déchets « ne sera pas facile » à atteindre d’ici 10 ans. Sur cette photo, dans la foulée du « vidange-gate » en 2016, il avait pris la pose avec les camions destinés à la collecte des ordures et des matières recyclables dans les rues étroites du Vieux-Québec.

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La Ville de Québec ambitionne de valoriser 82 % des déchets sur son territoire d’ici 2028, un objectif « costaud » et sans égal au Québec selon le maire Régis Labeaume, qui mise beaucoup sur la future collecte des résidus alimentaires.

Actuellement, la capitale provinciale réussit à détourner de l’enfouissement ou de l’incinération 55 % de ses matières résiduelles grâce, principalement, au bac bleu et à ses écocentres. Le reste est majoritairement brûlé par l’incinérateur situé dans le quartier Limoilou.

La Ville de Québec prévoit non seulement respecter la cible de 70 % fixée par le gouvernement du Québec d’ici cinq ans, mais elle va beaucoup plus loin avec son propre objectif de 82 % sur un horizon de dix ans, inscrit noir sur blanc dans la Vision 2018-2028 pour une saine gestion des matières résiduelles, dévoilée mardi en conférence de presse.

Collaboration des citoyens

Les citoyens feront inévitablement partie de la solution. Sans changement comportemental, l’objectif ne sera pas atteint, a convenu le maire Régis Labeaume, admettant que « ça ne sera pas facile ».

« Soyons honnêtes, c’est très ambitieux. D’ailleurs, la première fois qu’on me l’a présenté, je trouvais qu’on y allait un peu fort. Si on n’accompagne pas correctement [les citoyens], on n’y arrivera pas », a déclaré le maire. De grandes campagnes de sensibilisation auront lieu lorsque la collecte des résidus de table sera lancée en 2022.

La mise en service de la plus grosse usine de biométhanisation du Québec jouera un rôle significatif dans l’atteinte de l’objectif. Les citoyens devront trier la matière organique à la source puis la jeter dans un sac de couleur distinct – fourni par la Ville – dans le bac à ordures avec les autres déchets. Un tri optique permettra ensuite de rediriger ces sacs vers le centre de biométhanisation où l’on produira du gaz naturel.

« À la base, il faut qu’un individu décide que ses restants de table vont dans un autre sac. Ce n’est pas pour rien qu’on donne les sacs. On veut que ça soit le moins de trouble possible [...] Il n’y aura pas de bac brun », a répété le maire qui a par ailleurs exclu toute tarification additionnelle pour les ordures dans le secteur résidentiel.

Plan d’action sur 5 ans

Aussi importante soit-elle, la collecte des matières organiques est loin d’être la seule mesure qui sera mise en œuvre. La Ville a dévoilé un plan qui comprend au total 82 actions pour couvrir les 5 premières années de sa vision.

La Ville veut notamment s’attaquer aux taux de récupération « famélique » qui avoisinent les 20 % dans les écoles et à la multiplication des bacs de récupération de vêtements disposés ici et là sur le territoire, afin de s’assurer que la collectivité en bénéficie réellement au lieu d’enrichir des commerçants aux pratiques douteuses. Un deuxième plan sera élaboré pour les années 2024-2028.

« C’est une journée très importante pour les résidents de Québec. On a décidé d’annoncer une vision précise avec beaucoup d’actions. Ce qu’on propose aujourd’hui est réfléchi », a déclaré Suzanne Verreault, qui est responsable de l’environnement au comité exécutif de la Ville.

Le président du Conseil régional de l’environnement, Alexandre Turgeon, s’est dit « extrêmement content de l’ensemble des mesures » annoncées et de l’objectif ambitieux de 82 % de la Ville de Québec.

Plusieurs actions au menu

  • Construire deux nouveaux écocentres
  • Journées ponctuelles de collecte dans les quartiers denses (écocentre mobile)
  • Installer des équipements de tri dans tous les bâtiments municipaux
  • Mener des grandes campagnes de communication (gaspillage alimentaire, recyclage, réduction à la source, herbicyclage, etc.)
  • Contrôler l’installation des cloches de récupération de textiles
  • Soutenir financièrement les organismes qui œuvrent contre le gaspillage alimentaire
  • Exposition interactive itinérante en milieu scolaire pour soutenir la récupération
  • Accélérer les travaux d’amélioration de la performance environnementale de l’incinérateur