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Un an d’angoisse pour les sinistrés des inondations

Un an d’angoisse pour les sinistrés des inondations
Photo d'archives

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Il y a précisément un an, des milliers de Québécois travaillaient d’arrache-pied pour protéger leur maison d’une crue printanière exceptionnelle.

Bien des sinistrés n’ont toujours pas réintégré leur domicile, et à Deux-Montagnes, plusieurs d’entre eux éprouvent maintenant des problèmes de santé psychologique.

«Il a fallu que je prenne des antidépresseurs parce que c’était trop dur», a confié à TVA Nouvelles un homme qui a été fortement ébranlé par les événements.

Il y a un an, tout un quartier de Deux-Montagnes était transformé en rivière. Aujourd’hui, même si l’eau s’est retirée, les dommages collatéraux demeurent cependant bien présents.

«Ils m’ont envoyée vers une assistante sociale parce qu’on n’était plus capables de s’en sortir», a témoigné une octogénaire.

«Le moral, ce n’est plus ce que c’était. Nous sommes obligés de prendre des médicaments pour fonctionner», a ajouté un résident.

Les sinistrés se sont réunis lundi pour se serrer les coudes, la dernière année ayant été particulièrement difficile.

«On a eu des cas de faillite, c’est bien certain, des séparations, des décès aussi, a relaté le député de la CAQ dans Deux-Montagnes, Benoît Charette. Bref, un drame humain. Malheureusement, la réponse gouvernementale n’est pas à la hauteur.»

Ils ont l’impression que leur dossier n’avance pas et l’attente est insupportable.

«La vie de couple, c’est très dur. Même si ça va faire 40 ans qu’on est ensemble, là, c’est la pire année qu’on a pu passer», a admis une résidente.

Dépression

Une autre citoyenne a même eu peur pour la vie de sa mère. «Elle a fait vraiment une dépression. Je n’aime pas ça, là. Ça ne lui est jamais arrivé de sa vie. Elle ne voulait plus vivre», a-t-elle dit en réprimant quelques sanglots.

Vingt-cinq maisons ont été démolies et d’autres le seront assurément.

«C’est vraiment difficile, a mentionné une autre résidente. Mon mari, avant que ça ait commencé, avait déjà eu trois ou quatre crises cardiaques. Après ça, il en a eu une autre.»

Une des familles touchées, les Brown, peut de son côté demeurer dans sa maison, mais en habitant seulement la moitié de la demeure en raison du très mauvais état de l’autre partie.

Évidemment, la situation entraîne beaucoup de stress. «On prend ça un jour à la fois, des fois, une minute à la fois», a dit M. Brown.

Les sinistrés de Deux-Montagnes lancent de nouveau un appel au gouvernement. L’un d’eux réclame notamment «plus d’humanité envers les gens comme moi et les autres pour qu’ils prennent des décisions et qu’ils ferment les dossiers pour qu’on passe un bel été.»


► D’après un reportage de Bénédicte Lebel