/sports/football
Navigation

Le miraculé du Notre-Dame

Le joueur du CNDF, Jérémie Denis, a survécu à un grave accident de VTT en avril dernier

Jérémie Denis ne devrait pas revenir au jeu pour le Campus Notre-Dame-de-Foy en 2018.
Photo courtoisie Jérémie Denis ne devrait pas revenir au jeu pour le Campus Notre-Dame-de-Foy en 2018.

Coup d'oeil sur cet article

La vie de Jérémie Denis est venue à un cheveu de basculer.

Aux soins intensifs et en traumatologie pendant deux semaines après avoir subi un accident de 4 roues le 1er avril en Beauce, le secondeur du campus Notre-Dame-de-Foy récupère bien au domicile familial à Gatineau, mais il s’en est fallu de peu qu’il devienne quadriplégique.

Traumatisme crânien

« J’ai été chanceux dans ma malchance, a-t-il résumé. J’ai subi deux fractures à la vertèbre C-1. Si la vertèbre avait emboîté la moelle épinière, je serais quadriplégique. J’ai aussi subi un traumatisme crânien cérébral et je n’étais pas certain de pouvoir marcher de nouveau. J’étais incapable de garder mon équilibre, mais tout est maintenant entré dans l’ordre. »

« On a inséré deux plaques de métal dans ma tête et ma joue afin de reconstruire mon cerveau, de poursuivre Denis qui ne portait pas de casque au moment de l’accident. Si l’os qui s’est fracturé avait perforé mon cerveau, je serais resté dans un état végétatif le restant de ma vie. »

Une sortie en 4 roues avec le frère de sa copine aurait pu virer au cauchemar. « On faisait des 8 et je me suis retourné pour regarder en arrière, a-t-il expliqué. Avant que je puisse regarder de nouveau vers l’avant, j’ai frappé un «trailer» pour transporter des chevaux. Ma tête est passée en dessous. On m’a transporté à Saint-Georges pour me stabiliser avant de me transférer à l’Enfant-Jésus où j’ai passé trois jours aux soins intensifs sous anesthésie, et une dizaine de jours à l’unité de traumatologie. »

inquiétude

Quand il a repris connaissance, le secondeur de 6 pi 2 po et 215 livres était confiant de retrouver l’usage de ses jambes. « Mes parents étaient inquiets, mais je n’ai pas eu peur de ne pas pouvoir marcher de nouveau, a-t-il affirmé. J’avais beaucoup confiance. Je sentais mes membres. Il y a encore des tests que je dois subir, mais je n’ai pas de séquelles sauf pour le nerf de mon sourcil et de ma paupière qui est endommagé. »

« Je dois porter un collier cervical pour les trois prochains mois, de poursuivre Denis. Il y a encore beaucoup de questions sans réponse, mais ça devrait bien guérir. Selon les spécialistes, la solution de dernier recours aurait été de souder ma C-1 avec une autre vertèbre, mais j’aurais perdu la mobilité de mon cou. Parce que je suis jeune, ils ont opté pour le collier. Je dois prendre mon mal en patience. Parce que je suis un gars actif, ce n’est pas évident de rester calme pendant trois mois. »

Un retour au jeu en 2019 ?

Convaincu de bien se rétablir, Jérémie Denis souhaite jouer au football de nouveau.

« Je vais attendre le pronostic des médecins, mais je pense que je peux rejouer, a mentionné le secondeur du CNDF. En raison de ma blessure à la tête, il y a des interrogations concernant la possibilité que je sois plus vulnérable aux commotions cérébrales. C’est plus réaliste de croire à un retour à l’automne 2019. Je ne reviendrai pas au jeu si je ne reçois pas le feu vert des médecins. »

Denis va toutefois demeurer dans l’entourage de l’équipe. « Mon temps n’est pas fini avec mes coéquipiers, a-t-il résumé. Marc-André (Dion) me confiera un rôle au niveau de la vidéo. Je vais aussi donner un coup de main avec les secondeurs et je veux assumer du leadership. Je prenais beaucoup de place l’an dernier et je veux garder cette place. »

Enthousiasme

Dion est revenu bouleversé de sa visite à l’hôpital. « Ça m’a déchiré le cœur, a exprimé l’entraîneur-chef du CNDF. Il récupère bien et il a été chanceux. Jérémie, c’est le gars qui aime le plus le football. »

« Je veux le garder près de l’équipe, de poursuivre Dion. C’est un gars contagieux par son attitude et son enthousiasme. Comme ils le font aux États-Unis, il sera mon assistant gradué. Jérémie est un gars téméraire et il pourra aussi sensibiliser ses coéquipiers. »

Si un retour au football n’est pas encore confirmé, Denis a prévenu ses parents qu’il enfourchera de nouveau un 4 roues. « Je ne veux pas vivre dans la peur, a-t-il expliqué. Mes parents sont d’accord. Tu ne peux pas apprécier la vie à 100 pour cent si tu t’imposes des limites. C’est la même chose que pour un accident de voiture. Tu ne t’empêcheras pas de conduire en raison des risques potentiels. »