/finance/business
Navigation

Ottawa doit cesser d’acheter de la pub de Facebook, selon Péladeau

Les géants du web accaparent les revenus publicitaires au détriment des médias

« Ce n’est pas Amazon qui va financer notre éducation, ni Apple notre système de santé », a soutenu le PDG de Québecor Pierre Karl Péladeau (deuxième à partir de la gauche) lors d’un panel de l’Association des économistes québécois auquel participaient la fiscaliste Marwah Rizqy et le professeur de marketing Jacques Nantel. Jean-Philippe Cipriani animait les échanges.
Photo Patrick Séguin « Ce n’est pas Amazon qui va financer notre éducation, ni Apple notre système de santé », a soutenu le PDG de Québecor Pierre Karl Péladeau (deuxième à partir de la gauche) lors d’un panel de l’Association des économistes québécois auquel participaient la fiscaliste Marwah Rizqy et le professeur de marketing Jacques Nantel. Jean-Philippe Cipriani animait les échanges.

Coup d'oeil sur cet article

En attendant de forcer les géants du web à payer les mêmes impôts que les autres entreprises, Ottawa doit au minimum cesser d’acheter de la publicité sur ces sites. C’est l’avis du PDG de Québecor Pierre Karl Péladeau et de la fiscaliste Marwah Rizqy.

En plus de payer des impôts minimes sur leurs activités canadiennes, les entreprises comme Google, Apple, Facebook et Amazon bénéficient de millions de dollars en achat publicitaire de la part du gouvernement fédéral, indiquent les données du ministère des Services publics et de l’Approvisionnement.

Ottawa a dépensé pas moins de 16,8 millions de dollars en publicité sur ces sites web l’an dernier.

Pour la première fois, les achats numériques étaient supérieurs à ceux consacrés aux médias traditionnels.

À elle seule, la facture refilée par Facebook à Ottawa pour ses achats s’est élevée à 4,6 millions de dollars, trois fois plus que l’année précédente.

Parasitisme

« C’est hallucinant », a lancé le président et chef de la direction de Québecor lors d’une table ronde sur la fiscalité des grandes entreprises numériques à laquelle il participait, dans le cadre du congrès de l’Association des économistes québécois.

« Quel modèle sommes-nous en train d’encourager ? Ils n’ont aucune salle de rédaction ces gens-là. Ils parasitent ceux qui créent des emplois et paient des impôts. J’invite Ottawa à réfléchir très sérieusement pour qu’ils canalisent l’argent des contribuables aux bons endroits. »

Ces entreprises interceptent aujourd’hui près de 80 % des revenus publicitaires au pays, tout en diffusant les contenus des entreprises de presse traditionnelles, qui se retrouvent avec des miettes, a rappelé Mme Rizqy, une ex-candidate du Parti libéral du Canada. La professeure s’indigne de l’inaction de son ancien parti.

« Tous les jours, ils nous parlent de l’intelligence artificielle. J’aimerais qu’ils fassent, eux, preuve d’intelligence. De gros bon sens. Il est minuit moins une pour les journaux. »

Pas d’OBNL

Par ailleurs, les quotidiens de Québecor, dont Le Journal, n’auront pas recours à la philanthropie pour financer la production de journalisme de qualité, contrairement au Devoir ou à La Presse, a affirmé hier Pierre Karl Péladeau.

« Ce n’est pas une avenue que nous sommes en train d’analyser », a-t-il dit.

L’entreprise présente dans les secteurs des télécommunications (Vidéotron), de la presse écrite ainsi qu’en télévision (TVA) mise sur la convergence dans le but de diffuser son contenu d’information et de divertissement « sur le plus grand nombre de plateformes possible » et ainsi générer des profits, a-t-il soutenu.

La semaine dernière, Power Corporation, propriétaire de La Presse, a annoncé que le quotidien deviendra un organisme sans but lucratif (OBNL) et commencera à solliciter des dons afin de financer ses activités.