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De l’amour pour Nickelback

Des membres de la formation Nickelback lors d’un spectacle au Québec, en juin 2017.
Photo Martin Chevalier Des membres de la formation Nickelback lors d’un spectacle au Québec, en juin 2017.

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Un journaliste britannique a fait preuve d’un courage exemplaire il y a quelques jours : il a confessé publiquement son amour pour Nickelback et affirmé que le groupe rock canadien méritait davantage de respect.

Non, Tom Connick n’a pas froid aux yeux. Dans un monde où les blagues les plus cruelles visant Nickelback inondent le web depuis des années, ce critique du magazine musical NME a profité d’un récent concert du quatuor albertain à Londres pour oser une tentative de réhabilitation.

Extrait, en traduction libre : « Admettons tous que la Terre est suffisamment infectée par la haine, le cynisme et le mépris. Admettons tous qu’il est temps de se donner de l’amour. Admettons tous que Nickelback, c’est bon en maudit. »

Ouf ! Entre s’exposer ainsi au vitriol des anti-Nickelback et posséder un chauffe-eau âgé de dix ans, je me demande vraiment ce qui procure le plus d’adrénaline. « You’re livin’ on the edge », lui chanterait Steven Tyler.

Depuis que le Urban Dictionary a dit, en 2004, de la voix du chanteur Chad Kroeger qu’elle donnait l’impression qu’il était constipé en permanence, se moquer de Nickelback est devenu une sorte de sport national pour les fans de musique.

Saloperies

Sous le couvert de l’humour, les pires saloperies ont été dites à leur sujet, avec, pour conséquence, que les médias parlent de Nickelback en le désignant comme le groupe le plus détesté de la planète.

Ce faisant, tous les prétextes sont bons pour les humilier.

En 2011, plus de 55 000 fans des Lions de Detroit, une équipe de la NFL, ont signé une pétition réclamant l’annulation de la performance de Nickelback prévue lors de la mi-temps du traditionnel match de l’Action de grâce. Sans surprise, ils ont été hués quand ils se sont présentés sur la scène.

En 2016, un corps de police de l’Île-du-Prince-Édouard s’est trouvé bien drôle d’annoncer qu’en plus des sanctions déjà prévues au Code criminel, un châtiment additionnel allait s’ajouter pour les automobilistes arrêtés pour conduite avec facultés affaiblies : l’obligation d’écouter des chansons de Nickelback lors du trajet vers le poste en voiture de patrouille.

Faites-le !

Je ne suis pas un fan de Nickelback et je ne suis pas du genre à m’offusquer aisément, mais cet acharnement lâche envers cette bande de musiciens, qui n’a rien à voir avec une critique honnête, m’a toujours mis mal à l’aise.

Je veux bien croire que Nickelback n’est pas le plus grand groupe rock de l’histoire, mais ce n’est certainement pas non plus le « deuxième pire band au monde », comme le laissait entendre un sondage du Rolling Stone. Dans le domaine du gros rock à visées commerciales, il y a vraiment pire.

C’est facile de faire des blagues méchantes, confortablement assis devant un clavier et un écran. C’est pas mal plus difficile de créer des hits radio et de vendre des millions d’albums comme Nickelback l’a fait.

Essayez donc de faire pareil, pour voir !

La liste de la semaine

■ Genius – LSD ft. Sia, Diplo et Labrinth

■ New Light - John Mayer

Back To You - Selena Gomez

■ Accelerate - Christina Aguilera ft. Ty Dolla $ign et 2 Chainz

■ Bad Decision – Chromeo


5 candidats au titre de la chanson de l’été 2018

■ God’s Plan – Drake

■ All The Stars – SZA et Kendrick Lamar

■ High Horse – Kacey Musgraves

■ Finesse (Remix) – Bruno Mars ft. Cardi B

■ The Middle - Zedd ft. Maren Morris et Grey

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Dans ma main | Jean-Michel Blais

Jean-Michel Blais
Photo Ben Pelosse
Jean-Michel Blais

Son premier album, Il, paru en 2016, faisait partie du top 10 de l’année du magazine Time. Depuis, le pianiste montréalais ne s’est pas assis sur ses lauriers. Ce qui ressort ici, au-delà de la qualité des compositions et d’un agréable flirt avec la musique électronique, c’est la sensibilité à fleur de peau qui émane des pièces de Blais. Un superbe voyage au cœur des sentiments.