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La maison des horreurs démolie

Le 21, rue Price a été le théâtre d’innombrables crimes dans les dernières années

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SAGUENAY | Le 21, Price n’est plus. Le célèbre bâtiment de Saguenay qui a vu de nombreux crimes y être commis a été démoli jeudi en présence de plusieurs citoyens qui se sont dits soulagés.

La maison de chambres située au 21, rue Price est tristement célèbre pour la consommation excessive de drogues de ses occupants, ses incendies criminels à répétition et ses multiples tentatives de meurtre.

« Si tu avais une chambre là, tu ne dormais pas de la nuit. Ça consommait de la drogue dans les passages, ça se piquait avec des seringues. Le monde qui n’avait pas de place où coucher l’hiver dormait dans les corridors. C’était dangereux, surtout pour le feu. Un moment donné, ça aurait brûlé, pis il y aurait eu des morts en masse », résume un homme qui a habité 15 ans à cet endroit, Alain Tremblay.

Les policiers de Saguenay devaient s’y rendre pratiquement chaque jour. Si bien que les répartiteurs n’avaient qu’à dire aux patrouilleurs « rendez-vous au 21 » pour qu’ils sachent où se rendre, selon un article du Journal de 2014.

Après un nouvel incendie causé par un mégot de cigarette en décembre dernier, les propriétaires de l’immeuble de 35 chambres ont décidé de le démolir jeudi matin. Une décision inévitable qui soulage tout de même d’anciens locataires.

« Ça me fait drôle, j’ai été 15 ans là-dedans. C’est sûr que ça fait du bien pour le coin parce que ça va être plus tranquille », indique M. Tremblay, qui a assisté comme plusieurs autres curieux à la démolition de l’édifice construit dans les années 1940.

Piquerie

Souvent démunis, les locataires de l’endroit côtoyaient régulièrement la criminalité dans les couloirs de l’édifice de trois étages.

Un pompier de Saguenay, Mario Gagnon, se souvient d’ailleurs d’au moins trois interventions dans cet immeuble, dont une où il a failli se blesser sérieusement en évacuant des résidents qui refusaient de quitter par peur de ne plus avoir d’endroit où rester par la suite.

Crises

Un ambulancier à la retraite qui habite le voisinage et qui assistait à la démolition jeudi matin se souvient de plusieurs interventions au 21, rue Price, surtout pour des gens en crise.

« C’était souvent à la fin ou au début du mois. Il y avait souvent des chicanes entre amis à cause de la boisson. Ce n’était pas du monde méchant, plutôt du monde dans la misère », raconte Robert Dufour.

Ce dernier se souvient d’une histoire qui s’est terminée en agression armée particulière il y a plusieurs années. « Un homme a pris une patte de chaise et l’a plantée dans le ventre d’un autre pendant une dispute. Il lui a perforé la rate », raconte-t-il.

 

Le 21, rue Price au fil des ans

6 août 2008

Deux coups de feu ont été tirés à l’intérieur du 21, rue Price, à l’issue d’une dispute avec des résidents de l’endroit. Martin Bolduc aura été arrêté le lendemain par les policiers.

8 juin 2010

Un homme de 45 ans, Mario Côté, a été retrouvé mort dans des circonstances suspectes dans une chambre de l’immeuble. L’acte criminel avait ensuite été écarté.

6 juillet 2010

Deux agressions au couteau surviennent à quelques heures d’intervalle. Un individu connu des policiers, Carl Imbeault, est ensuite accusé de voies de fait graves sur un homme pour une histoire de dettes de drogue. Une locataire de l’immeuble, Line Tremblay, est ensuite accusée d’avoir poignardé un individu un peu plus tard la même soirée.

13 janvier 2013

Deux jeunes de 18 ans, Olivier Tremblay et Jean-Christophe Fortin — qui est à ce moment-là un ex-locataire du 21, rue Price — auraient mis le feu à l’édifice. Une quinzaine de résidents sont alors logés dans un hôtel par la Ville. Fortin a ensuite écopé de trois ans de prison.

3 mars 2015

Valérie Duchesne agresse son ex-belle mère de 64 ans, résidente du 21, rue Price, à coups de machette. Elle est condamnée en 2016 à une peine de cinq ans de pénitencier. La victime, Lyne Tremblay-Lapointe, a aussi été accusée de menaces de mort envers un autre locataire de l’immeuble quelques mois après les événements.