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Usine Bombardier à La Pocatière: au moins 200 mises à pied malgré le contrat

Le contrat de près de 500 M$ pour 150 nouvelles voitures n’arrivera pas assez vite

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard lors d’une visite à l’usine Bombardier de La Pocatière le 13 avril dernier.
Photo d'archives Le premier ministre du Québec Philippe Couillard lors d’une visite à l’usine Bombardier de La Pocatière le 13 avril dernier.

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Bombardier devra mettre à pied au moins 200 travailleurs à son usine de La Pocatière malgré la signature imminente d’un contrat pour de nouvelles voitures du métro de Montréal, a appris Le Journal.

D’ici la fin du mois, Bombardier Transport enverra un avis de licenciement collectif au ministère du Travail indiquant que de 200 à 250 salariés seront mis à pied d’août à décembre.

Les mises à pied coïncideront avec les dernières livraisons des 468 voitures de métro Azur commandées au consortium Bombardier-Alstom en 2010.

Prix de consolation pour le REM

Le gouvernement Couillard vient de déposer un projet de loi pour prolonger ce contrat et ainsi maintenir le niveau d’activités à l’usine de La Pocatière et à celle d’Alstom à Sorel-Tracy.

Rappelons qu’en février, Bombardier a perdu aux mains d’Alstom le lucratif contrat du Réseau express métropolitain (REM).

Or, la nouvelle commande de voitures de métro arrivera trop tard pour empêcher des mises à pied. Bombardier et Alstom auront besoin de plusieurs mois après la signature officielle pour relancer leurs chaînes d’approvisionnement et de production.

« Lorsqu’il y aura un contrat signé, ça permettra de transformer les licenciements en mises à pied temporaires », explique Éric Prud’homme, porte-parole de Bombardier Transport. La durée de l’arrêt de travail n’est pas encore connue.

Pas de nouveaux garages

Tout indique qu’on ne remplacera qu’un peu plus du tiers des 423 voitures MR-73. Pour limiter ses dépenses, la STM ne veut pas construire de nouveaux garages. Ses installations existantes peuvent accueillir 153 voitures Azur (17 trains) de plus que les 468 qu’elle aura en décembre.

De son côté, Bombardier prévient qu’il faudra une commande minimale de 150 voitures pour relancer la production de façon efficace et avoir un impact significatif sur les emplois à La Pocatière.

« En bas de 150 voitures, ça serait difficile de faire le pont » avec le prochain contrat que décrochera l’usine, a précisé M. Prud’homme. L’entreprise fonde de grands espoirs sur le tramway de Québec et d’autres projets en Amérique du Nord.

Prix à la hausse

Le prix des nouvelles voitures sera assurément plus élevé que celui de 2,5 M$ l’unité du contrat de 2010. Les coûts de conception ont été amortis par la première commande, mais il faut ajouter l’inflation et surtout l’impact du taux de change. Plusieurs fournisseurs sont américains et le dollar canadien a dégringolé de 30 % face au billet vert depuis 2010.

À 3 M$ par voiture, la valeur de la commande atteindrait 459 M$.

« Bien sûr, l’objectif de Bombardier, c’est de rester le plus compétitif possible, ce n’est pas de profiter de la situation, bien au contraire, a assuré Éric Prud’homme. Notre but, c’est que le Québec soit gagnant. »

Renouvellement des voitures du métro

Achat de 468 voitures Azur et mise à jour des infrastructures

2,5 G$
Achat de 153 voitures Azur additionnelles (coût estimé) 459 M$

Mise à niveau des voitures MR-73

108 M$
Total :  3 G$