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Hommage à mon vieux Westfalia

Westfalia
Courtoisie Gabrielle Authier

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Il s’appelle Ernest. Ernest le West.

Ernest, c’est un Volkswagen Vanagon 1990 modifié en campeur par la mythique compagnie allemande Westfalia.

 

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C’est une voiture comme une autre, qui me sert à me rendre au boulot et à aller faire l’épicerie. Mais c’est aussi ma deuxième maison. Celle à côté de laquelle je passe des soirées à relaxer autour d’un feu, une bière dans une main et un sac de guimauves dans l’autre.

 

Ce n’est que de la tôle, je sais. Mais il y a quelque chose dans la conception de cette vieille van qui la rend vraiment unique. Peut-être est-ce son moteur à plat installé à l’arrière, ou bien la position de conduite surélevée, les deux sièges capitaines étant carrément installés par-dessus les roues avant. Peut-être même est-ce le vacarme de la vaisselle qui se fait entendre à chaque nid-de-poule que je ne réussis pas à éviter.

Peu importe ce que c’est, il y a quelque chose qui fait en sorte qu’à bord d’Ernest, je suis imperturbable. Dans mon West, je souris. C’est plus fort que moi. Que je sois en route vers le bureau ou bien vers un nouveau parc que j’ai envie d’explorer, une zénitude difficile à expliquer s’empare de moi chaque fois que je mets la clé dans le contact. 

 

Ernest a beau être lent sans bon sens, freiner timidement et boire comme un chameau, le plaisir que je ressens à son volant est supérieur à celui que n’importe quelle voiture neuve peut m’offrir.

J’ai acheté mon West il y a deux ans, après des mois, voire des années de recherche. Les Westfalia à vendre sont assez nombreux au Québec, mais ils sont souvent beaucoup trop abimés ou bien ridiculement chers. Quand j’ai finalement réussi à en trouver un qui correspondait à mes attentes, je n’ai pas hésité à faire le saut. Et je ne l’ai jamais regretté ne serait-ce qu’une seconde.

Je ne vous mentirai pas, il y a aussi des moments un peu moins glorieux. Les voyages en West, ce n’est pas toujours comme ce qu’on voit sur Instagram. Mais parfois, on s’y rapproche drôlement.

 

Pour avoir un Westfalia, il ne faut pas avoir peur de se salir les mains. Normal, Ernest a tout de même 28 ans et plus de 250 000 kilomètres au compteur. Il se porte franchement bien pour son âge, mais on n’est jamais à l’abri d’un pépin.

 

Je ne suis pas mécanicien, mais j’ai appris à me débrouiller. Faut dire qu’en achetant un Westfalia, on devient aussi membre d’une grande communauté qui n’hésite pas une seconde à s’entraider.

Les propriétaires de West, au Québec comme ailleurs, ce sont de véritables passionnés. Sur Facebook, il existe plusieurs groupes où des proprios plus expérimentés répondent avec sagesse aux questions des novices. Qu’elles soient anodines ou très complexe, chaque question est prise au sérieux et trouve une réponse dans les minutes qui suivent.

Chaque été, plusieurs propriétaires organisent aussi des rassemblements de West. C’est comme faire partie d’une grande famille!

 

Ça fait maintenant deux ans qu’Ernest est entré dans ma vie. Il m’a permis de faire le tour de la Gaspésie, d’aller grimper quelques montagnes dans les Adirondacks et de découvrir de véritables petits coins de paradis au Québec.

Maintenant que je le connais un peu mieux, j’ai des idées de voyage un peu plus grandioses. J’ai le Colorado dans ma ligne de mire en 2018, et peut-être même la Californie. Ultimement, je veux conduire jusqu’à la Terre de Feu, la pointe Sud de l’Argentine. C’est le rêve d’une vie, et je ne vois pas de meilleur moyen de m’y rendre qu’à bord de mon West.

 

Pour vous, c’est peut-être juste un morceau de tôle. Mais pour moi, c’est beaucoup plus que ça.