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La relève est assurée!

Lors du dernier lock-out de la LNH, Joël Bouchard avait monté de toutes pièces la Caravane McDonald à laquelle avait participé Pascal Dupuis qui met l’humoriste Maxim Martin en échec sur cette séquence.
Photo d’archives Lors du dernier lock-out de la LNH, Joël Bouchard avait monté de toutes pièces la Caravane McDonald à laquelle avait participé Pascal Dupuis qui met l’humoriste Maxim Martin en échec sur cette séquence.

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Dixit Marc Bergevin : « Un entraîneur est avant tout un vendeur. Il doit vendre son système, son enseignement, sa philosophie. C’est ça, un entraîneur. C’est avant tout un vendeur. Il doit s’assurer qu’on achète ce qu’il prêche. »

Alors, il a déniché le meilleur vendeur disponible.

Il n’y a pas de meilleur vendeur que Joël Bouchard. Il n’y a pas une personne aussi passionnée pour atteindre les objectifs qu’il se fixe. Et croyez-moi, il voit toujours grand.

Je n’oublierai jamais cette rencontre dans un restaurant Mike’s de Brossard, alors que la Ligue nationale s’apprêtait à décréter un lock-out, c’était il y a 13 ans.

Caravane

Bouchard m’avait fixé un rendez-vous pour me parler de son projet, la Caravane McDonald, une tournée regroupant quatre équipes et des joueurs de la Ligue nationale.

« Nous irons aux quatre coins de la province. On va pressentir les gens de la télé et je suis persuadé que ça va fonctionner », m’avait-il lancé d’entrée de jeu.

« Tu veux élaborer, Joël ? »

Pendant 30 à 45 minutes, si je me rappelle bien, il a mis cartes sur table, avançant les noms des joueurs qui lui avaient assuré leur participation, les villes qu’il entendait visiter avec son groupe, le plan de commandite, la couleur des chandails de chacune des quatre formations.

« C’est beau tout ça, Joël, mais es-tu certain de la présence des joueurs que tu viens d’énumérer ? Il y en a quelques-uns qui habitent aux États-Unis, particulièrement à Buffalo. Tu risques gros. Si ces gars-là ne se présentent pas, tu perdras la confiance des gens et des commanditaires. »

« Non, non, ne t’inquiète pas. Chacun m’a assuré de sa participation. »

« Mais qu’attends-tu de moi ? »

« J’aimerais que tu me donnes un coup de main... »

« Euh... je vais y penser, je te reviens. »

Du culot

Je n’ai pas eu à rejoindre Joël dans les heures qui suivirent. Je me suis arrêté sur le clavier de l’ordi et j’ai étalé les grandes lignes de l’opération. Je n’ai pas écrit que Joël était cinglé, mais je me souviens avoir précisé qu’il ne manquait pas de culot, surtout en plein lock-out.

Il m’avait persuadé qu’il mènerait sa barque avec les deux mains sur le gouvernail.

Effectivement, la tournée McDonald se déroula sans trop d’ennuis. Les gens lui firent confiance.

Hier, Joël a choisi la Ligue américaine pour faire ses premiers pas dans le monde des professionnels, évidemment, dans le rôle d’un décideur. J’aurais aimé le voir derrière le banc du Canadien, aux côtés de Claude Julien et de Dominique Ducharme, mais bon, cette décision, il l’a bien mûrie au cours des dernières semaines. Parce qu’il avait rencontré Marc Bergevin auparavant. Hier, il a exprimé ses états d’âme comme il le fait toujours. Avec passion.

Son équipe

Il voulait demeurer sur la patinoire et enseigner. On lui a dit : l’équipe à Laval est la tienne. Le Rocket, comme tu le désires, est ton nouveau défi. Un défi colossal si on s’attarde au passé de l’organisation. Il doit maintenant modifier sa philosophie des affaires. À Blainville-Boisbriand, il était le grand maître à bord. Il avait des associés, mais on lui faisait pleinement confiance.

Maintenant, il se retrouve parmi les décideurs de l’entreprise... mais dans un rôle moins flamboyant. Il aura son mot à dire, mais la décision finale appartient à Geoff Molson et à Marc Bergevin.

Je suis persuadé qu’il ne tardera pas à passer ses idées. Lors de l’évaluation des effectifs, il choisira toujours le bon moment pour s’imposer, pour attirer l’attention avec des idées rafraîchissantes. Il va s’initier très rapidement aux rudiments du métier. Il l’a dit, il arrive dans le monde des professionnels. Il connaît la compétition puisqu’il a joué à ce niveau... mais, maintenant, il est de l’autre côté de la clôture.

Candidats chevronnés

Bergevin a modifié sa garde rapprochée. Mais, le plus important, c’est qu’il a embauché les deux hommes les plus convoités depuis la victoire de l’équipe junior du Canadien au championnat mondial, en janvier dernier.

Il a embauché deux candidats de haut niveau. Il a du même coup assuré la relève de l’entreprise. Une bonne organisation doit avoir en place des gens capables d’accepter le transfert des pouvoirs à tout moment.

Joël Bouchard vendra ses idées comme s’il se retrouvait dans le Grand Nord cherchant à vendre des frigos et des congélateurs.

Jacobs : les mauvaises raisons

Quand on lui en fournit l’occasion, Jeremy Jacobs ne rate jamais une sortie en règle contre la ville de Québec.

Il y a deux jours, alors qu’on dressait le bilan de la dernière saison de son équipe, les Bruins de Boston, une question lui a été posée sur la possibilité pour Québec de revenir dans le giron de la Ligue nationale de hockey.

« Québec est un trop petit marché comparativement à Houston et à Seattle. Elle aurait des problèmes avec les droits de télévision et également au niveau des revenus », a-t-il claironné.

Avec Jacobs, c’est n’importe quoi.

Décideur influent

C’est vrai qu’il est un personnage influent auprès de Gary Bettman. Également, il est un propriétaire qui s’implique dans tous les dossiers de la ligue afin d’avoir un contrôle absolu sur le commissaire.

Mais il fournit les mauvaises raisons pour affirmer que Québec ne possède pas les atouts pour se conformer aux exigences du hockey professionnel.

Personne ne niera que Québec est un petit marché. Au même titre que Winnipeg. Cependant, Jacobs ne soulève jamais qu’il y a des formations dans la LNH qui obligent le propriétaire des Bruins à déposer un chèque de plusieurs millions de dollars afin de respecter le système de péréquation.

En d’autres mots, les Panthers, les Hurricanes et même les Blues vivent parce que, justement, Jacobs et les propriétaires riches compensent leur manque à gagner.

Si Québec participait aux activités de la Ligue nationale, il est fort à parier que Jacobs n’aurait pas à signer un chèque aussi important à la fin de chaque saison.

Un match régulier des Nordiques rapporterait en revenus bruts autant qu’un match en Floride, en Caroline et en Arizona, les trois équipes combinées.

Mais, au fait, qui a posé cette question sur les Nordiques alors qu’on dressait le bilan de la dernière saison des Bruins ? Était-ce volontaire ? Voulait-on dévier la conversation afin de ne pas trop élaborer sur les plans futurs des Bruins ?