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Musée de la civilisation: destins tragiques et douloureux

Oubliées ou disparues s’intéresse au sort des femmes autochtones pour susciter la réflexion

L’installation Châle de Kukum de l’artiste Diane Blacksmith mélange tradition et l’évocation d’une situation de détresse vécue par une femme.
Photo Stevens Leblanc L’installation Châle de Kukum de l’artiste Diane Blacksmith mélange tradition et l’évocation d’une situation de détresse vécue par une femme.

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Autour de 1200 femmes autochtones ont disparu ou été assassinées au cours des 30 dernières années. L’exposition Oubliées ou disparues : Akonessen, Zitya, Tina, Marie et les autres a pour objectif d’amener une prise de conscience sur cette triste réalité.

Le Musée de la civilisation présente neuf œuvres réalisées par neuf artistes autochtones.

La commissaire Sylvie Paré, qui est derrière cette exposition créée en 2015, a demandé à ces artistes de s’inspirer d’une femme qu’elles connaissaient ou qu’elles avaient connue, vivante ou décédée, et de créer une œuvre. On retrouve des installations, des toiles, des dessins et des projections.

Cette installation collective présente la reconstitution d’une chambre d’une jeune fille disparue.
Photo Stevens Leblanc
Cette installation collective présente la reconstitution d’une chambre d’une jeune fille disparue.

«La question des femmes oubliées, disparues ou assassinées concerne les femmes qui sont vivantes encore aujourd’hui. C’est à nous de faire entendre leurs voix et c’est extrêmement important», a-t-elle indiqué, mardi, lors d’une conférence de presse.

Pour Stéphan Laroche, directeur général du Musée de la civilisation, le sujet est touchant, troublant et rempli d’émotion et a pour but de faire progresser le dialogue autour de la condition de ces femmes disparues ou oubliées.

«Nul ne peut rester de marquer devant le destin douloureux de ces trop nombreuses femmes et filles autochtones tombées dans l’oubli. En présentant cette exposition, nous les gardons bien vivantes et refusons de les oublier», a-t-il laissé tomber.

Inspirations anonymes

Oubliées ou disparues ne dévoile pas l’identité et les histoires des personnes qui ont inspiré les neuf artistes qui proviennent des nations abénakise, huronne-wendat, ilnue, mohawk et anishinabe.

Seule celle de Loretta Saunders est évoquée dans l’installation Disparition institutionnalisée, constituée de tableaux et d’un sac de hockey suspendu à un crochet.

L’œuvre Disparition institutionnalisée fait référence à l’assassinat de Loretta Saunders, retrouvée morte dans un sac d’équipement de hockey.  
Photo Stevens Leblanc
L’œuvre Disparition institutionnalisée fait référence à l’assassinat de Loretta Saunders, retrouvée morte dans un sac d’équipement de hockey.  

Cette jeune étudiante inuite de 26 ans a été assassinée le jour où était remise une pétition de 23 000 signatures réclamant la tenue d’une enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées. Elle a été retrouvée dans un sac d’équipement de hockey, le long de l’autoroute Transcanadienne en Nouvelle-Écosse en février 2014. Elle rédigeait une thèse sur cette problématique.


► L’exposition Oubliées ou disparues est présentée jusqu’au 17 février 2019 au Musée de la civilisation.