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Hausse du prix de l’essence: les Québécois ne donnent pas l’exemple en s'achetant des VUS

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Le prix de l’essence, qui a franchi la barre du 1,50 $ cette semaine dans la région de Montréal, fait une fois de plus rager à la pompe. Toutefois, ces trois dernières années, les Québécois ont acheté un nombre record de véhicules utilitaires sport (VUS), qui consomment davantage de carburant.

«Les pétrolières se rendent compte qu’elles ont la possibilité d’avoir des prix élevés avec des consommateurs qui sont quand même au rendez-vous, résume Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal. Le gouvernement dit qu’il faut consommer moins de pétrole, mais on a fait exactement l’inverse ces dernières années.»

L’économie va bien et l’importante production de pétrole de schiste aux États-Unis avait donné un répit aux automobilistes depuis 2014. Ainsi, les VUS se vendent comme jamais partout en Amérique du Nord. Selon M. Pineau, il est temps que les Québécois fassent leurs devoirs.

«Les ménages québécois ont acheté une quantité record de VUS, rappelle Pierre-Olivier Pineau. Ils ont investi 35 000 $ pour de gros véhicules. Ils auraient pu acheter une plus petite voiture pour 20 000 $, qui aurait consommé de 30 à 40 % moins d’essence. Tout le monde aurait sauvé de l’argent et on aurait diminué notre consommation de pétrole. Ça aurait été bon pour le portefeuille des Québécois et pour l’environnement.»

Offre restreinte, demande élevée

M. Pineau explique qu’aujourd’hui, l’Arabie saoudite a diminué sa production. L’offre est donc plus restreinte, mais la demande demeure très forte. C’est pourquoi les prix retrouvent les sommets atteints en 2008, puis en 2013-14.

La région de Montréal n’est pas un cas unique, loin de là, selon Pierre-Olivier Pineau. Le prix de l’essence est généralement en hausse partout en Amérique du Nord.

«Oui, il y a des différences régionales, mais c’est comme dans les supermarchés. La banane n’est pas au même prix partout. Les variations sont normales, mais on se trompe si on pense que le prix de l’essence va revenir sous le dollar», dit M. Pineau.