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La CAQ veut mettre fin au monopole de la SAQ, le PLQ renchérit et songe à la privatisation

Le ministre des Finances, Carlos Leitao
Photo Simon Clark Le ministre des Finances, Carlos Leitao

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Le gouvernement Couillard songe désormais à privatiser totalement la Société des alcools du Québec alors que la CAQ promet de mettre fin à son monopole sur la vente d’alcool.

«Privatisation totale, partielle ou pas du tout: tout est ouvert», a lancé le ministre des Finances jeudi à la sortie du caucus libéral. M. Leitao a indiqué qu’il a commandé une étude pour déterminer le modèle d’affaires le plus efficace pour la SAQ, dont les résultats seront connus avant les élections, et qui pourrait mener au démantèlement de la société d’État.

«On n’a jamais été fermé à quoi que ce soit», a dit M. Leitao.

Le Journal révélait jeudi matin que la Coalition avenir Québec a l’intention de mettre fin au monopole de la SAQ si elle forme le prochain gouvernement en octobre. «On veut libéraliser le marché de l’alcool au Québec. Les Québécois sont prêts à cela. On doit augmenter l’offre et avoir une concurrence nouvelle», affirmait en entrevue mercredi le leader parlementaire caquiste François Bonnardel.

Carlos Leitao a accueilli cette nouvelle d’un haussement d’épaules. «Je me réjouis que la CAQ se rallie à notre position, c’est déjà de ça donc on parlait il y a un certain temps», a-t-il lancé en mêlée de presse.

En 2015, le rapport Robillard recommandait déjà la fin du monopole de la SAQ. M. Leitao a indiqué que le principe qui guide le gouvernement libéral est «d’offrir le meilleur produit au meilleur prix pour les consommateurs partout au Québec». Il croit que les récentes hausses de prix sont un «ajustement» et que la SAQ offre de meilleurs prix que sa contrepartie ontarienne, la LCBO.

Il estime toutefois qu’il serait à ouvert à l'idée de la privatisaation de SAQ, mais il souhaite d’abord connaître les conséquences d’un changement du modèle d’affaire «du point de vue de l’économie, de la santé publique, de la sécurité publique, des finances publiques, du point de vue des employés de l’entreprise et de la disponibilité des produits particulièrement en région».

De son côté, le Parti québécois s’est vertement opposé à l’idée. «Pour les vins et les spiritueux, quant aux prix, le Québec est numéro un au Canada», a dit le leader parlementaire péquiste Pascal Bérubé, se basant sur des données gouvernementales obtenues lors de la plus récente étude des crédits budgétaires. «Si ça ne rapporte pas aux consommateurs, si ça ne rapporte pas à l’État, ça rapporte à qui ? Sinon de réaliser un certain nombre de fantasmes d’idéologie de privatisation du Québec», a ajouté M. Bérubé.