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[VIDÉO] Quand l’épandage de fumier devient une question nationale...

Le ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard
Photo Simon Clark Le ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard

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Afin d’«éviter de déplaire aux chefs [...] des pays du G7», les agriculteurs de Charlevoix ont été priés de ne pas épandre de fumier du 1er au 9 juin...

C’est ce qu’a rapporté mercredi La Terre de chez nous  et la question, évidemment, a rebondi à l’Assemblée nationale jeudi.

Qualifiant de «farfelue» cette demande du ministre de l’Agriculture, le député péquiste André Villeneuve a sommé Laurent Lessard d’annuler la directive, en cette «période cruciale» pour la production.

«Ces gens-là, M. le Président, se lèvent avant le soleil et se couchent après le soleil. Je pense qu'ils méritent un respect. Et les repas gastronomiques qui seront servis, M. le Président, au G7, ne sortent pas de nulle part, vous le savez comme moi: ce sont des agriculteurs qui ont produit les aliments, oui, entre autres grâce à la fertilisation des champs. Est-ce que le ministre de l'Agriculture peut faire preuve d'un peu de respect envers les agriculteurs et retirer sa demande farfelue aux producteurs, de ne pas épandre de fumier?» a-t-il demandé.

Sa question a provoqué de nombreuses réactions en Chambre, si bien que le leader parlementaire péquiste, Pascal Bérubé, a dû intervenir pour demander au président de l’Assemblée nationale de «ramener l’ordre».

Avec l’éloquence qu’on lui connaît (hihihi!), le ministre Laurent Lessard a tout simplement fait savoir qu’il ne reviendrait pas sur sa décision.

«Il y a quand même un événement international qui se tient sur l'image du Québec en général, un grand lieu de rassemblement des grands dirigeants [...] il y a aussi une occasion de présenter les produits québécois lors de ces événements-là. D'ailleurs, le ministère de l'Agriculture accompagne, avec Santé Canada, donc, non seulement la salubrité, mais aussi la surveillance des produits durant la présentation aux grands dirigeants de ce monde. On se veut aussi une carte de visite à l'international concernant la présentation d'une région magistrale, donc grandiose, qu'est Charlevoix», a-t-il d’abord indiqué.

Traduction: Le ministre ne compte visiblement pas changer son fusil d’épaule.

«Puis nécessairement, on accompagne aussi les producteurs pour faire en sorte que, pendant ces quelques jours-là, on puisse choisir d'autres périodes pour l'épandage des engrais verts, pour permettre une production optimale. Mais, donc, je pense que les producteurs vont collaborer, puis on va être capables d'atteindre les résultats escomptés, que l'événement se passe correctement. On est plus préoccupés par les éléments de sécurité, actuellement, à Charlevoix, que l'événement se passe correctement, puis qu'on puisse avoir du rayonnement partout à travers la planète pendant cette période-là», a-t-il ajouté.

Le ministre, enfin, s'est exprimé de façon particulièrement claire lorsqu'il a clos la discussion en lançant: «On a une occasion extraordinaire de présenter les produits du Québec à tous les grands dirigeants de ce monde, puis on pense que le lisier, ça ne sera pas le premier.»

Une demande d'Affaires mondiales Canada 

Selon nos informations, la demande aurait été formulée à la base par Affaires mondiales Canada, l’organisme fédéral responsable de l’organisation de l’événement.