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G7: des citoyens de La Malbaie ne reconnaissent plus leur ville

Ils ont manifesté contre l’imposant dispositif de sécurité déployé

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LA MALBAIE | Avec ses clôtures, ses caméras de surveillance et ses nombreux policiers, l’imposant dispositif de sécurité en place pour le G7 dérange des citoyens de La Malbaie qui ont pris la rue, dimanche, pour dénoncer la « démesure » du sommet.

Près de 50 personnes ont répondu à l’appel des organismes communautaires de la région pour protester contre la venue des dirigeants des puissances mondiales vendredi et samedi. Plusieurs ont déploré les airs de forteresse de leur ville et les sommes « exorbitantes » dépensées dans la sécurité.

« Au quotidien, on a vu ça s’ériger, c’est le cas de le dire, petit à petit, alors on se sent de plus en plus emmurés, on se sent de plus en plus coincés, on n’a pas de liberté d’action [...]. Ça crée du stress, ça crée de l’angoisse », déplorait un résident, Éric Dussault, ajoutant que « ça fait des mois que ça dure ».

« Surréaliste »

La présence de nombreux policiers — le sommet en mobilisera plus de 8000 — et les entraves routières indisposent certains citoyens, alors que d’autres se sentent épiés par les caméras de surveillance.

« Moi, je suis jeune, mais il y a des gens de 60, 70 ans, 80 ans, qui sont rendus qu’ils ont peur de sortir de chez eux parce qu’on leur donne l’impression qu’ils sont en zone de guerre », affirmait M. Dussault.

« On se sent pris en otage », disait sans détour une autre manifestante, Lucie Bérubé. « On a l’impression que les grands seigneurs de ce monde viennent, décontractés, se paient une fin de semaine où ils vont se dire “les vraies affaires” [...] mais pendant ce temps, il y a une population qui est prise en otage », précisait-elle.

« C’est un petit peu surréaliste, on se croirait sur une autre planète. On dirait que ma région ne m’appartient plus. [...] On se rend compte que l’argent investi est mis dans des clôtures et de l’attirail policier », dénonçait pour sa part Cassandre Lessard.

Pas le bienvenu

Les manifestants ont marché pendant près d’une heure, en bordure du fleuve Saint-Laurent, en début d’après-midi, pour aller rejoindre la zone de « libre-expression » prête à accueillir les mouvements de revendication en marge du sommet, à plus d’un kilomètre du Manoir Richelieu où les chefs d’État se réuniront. Ils y ont formé symboliquement une chaîne humaine, avant de tenir des prises de parole.

« Donald Trump n’est pas le bienvenu, le G7 non plus ! » ont notamment scandé les manifestants, qui ont déambulé dans le calme. Les participants ont dit ne pas se reconnaître dans les thèmes qui seront discutés lors du sommet international.

« On est là aussi pour demander [aux dirigeants] de s’attaquer aux enjeux importants comme les changements climatiques, les paradis fiscaux, le racisme systémique », a précisé l’une des organisatrices, Marianne Guay.

Le sommet à nos portes

  • Les 8 et 9 juin au Manoir Richelieu, à La Malbaie
  • Entre 8000 et 9000 policiers mobilisés dont les 1000 agents de la police de Québec
  • Niveau de menace terroriste « modéré »
  • Des fermetures d’établissements à prévoir à Québec, incluant neuf écoles et trois CPE au centre-ville
  • L’Assemblée nationale prévoit fermer. La décision sera rendue mardi

Des manifs tous les jours

JEUDI

  • Manifestation du RÉPAC 03-12, un regroupement d’éducation populaire, à Québec

VENDREDI

  • Le Réseau de résistance anti-G7 appelle à « une journée de perturbation », à Québec

SAMEDI

  • Le groupe « Québec libre en action » se rassemblera à La Malbaie, alors qu’une autre manifestation s’organise devant l’Assemblée nationale, à Québec