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Commission des droits de la personne: «cri d'alarme» pour les élèves en difficulté

De gauche à droite: Karina Montminy, Johanne Magloire, Daniel Ducharme et Philippe-André Tessier.
 Les auteurs d'une étude de la commission des droits de la personne dénoncent la «situation alarmante» des élèves handicapés ou en difficulté d'apprentissage (EHDAA) dans le système scolaire.
Photo Dominique Scali De gauche à droite: Karina Montminy, Johanne Magloire, Daniel Ducharme et Philippe-André Tessier.
 Les auteurs d'une étude de la commission des droits de la personne dénoncent la «situation alarmante» des élèves handicapés ou en difficulté d'apprentissage (EHDAA) dans le système scolaire.

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Un enfant sourd qui a droit a un interprète en classe, mais pas au service de garde. D’autres qui peinent à recevoir un diagnostic. La situation des élèves en difficulté est «alarmante» dans les écoles, révèle une étude de la Commission des droits de la personne.

«On assiste à une lente dégradation des conditions dans lesquelles les élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage (HDAA) sont scolarisés», peut-on lire dans l’étude rendue publique mercredi.

L’aide offerte et l’inclusion en classe ordinaire de ces élèves suscitent régulièrement la controverse dans le milieu scolaire.

C’est après avoir remarqué une hausse des plaintes que la Commission a décidé de lancer une enquête de grande envergure. Les auteurs ont interrogé près de 150 personnes et analysé la situation dans cinq commissions scolaires du Québec.

Elle ouvre en moyenne 27 dossiers sur l’intégration scolaire par année, alors que la moyenne était plutôt de 21 avant les années 2000.

Trop souvent, les parents peinent à obtenir un diagnostic pour leur enfant, que ce soit pour un déficit d’attention, un trouble du langage ou de l’autisme, remarquent les auteurs.

Dans certains cas, les mesures pour aider ces élèves sont incomplètes. C’est le cas d’un jeune sourd qui avait l’aide d’un interprète en langue des signes pendant ses cours, mais pas au service de garde, illustre Johanne Magloire, une des auteurs.

«Essoufflement»

«Il y a un essoufflement du personnel des commissions scolaires», constate le président de la Commission Philippe-André Tessier.

Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, le problème n’est pas uniquement un manque d’argent. La Commission met en garde les écoles contre les solutions «mur à mur» qui sont rigidement appliquées à tous et qui sont inutilement coûteuses.

Par exemple, certaines vont donner plus de temps à tous les élèves HDAA pour faire leurs examens. «Mais parfois, ce n’est pas ce dont l’élève a besoin. Un logiciel pour l’aider serait plus approprié», illustre le président de l'organisme Philippe-André Tessier.

Les auteurs remarquent aussi un flagrant manque de suivi auprès des élèves qui ont un plan d’intervention, qui auraient souvent besoin d’être ajustés en cour de route. «Ce qui était bon en octobre pour un élève ne l’est peut-être plus en mars», illustre le chercheur Daniel Ducharme.

Leadership du ministère

Globalement, la Commission conclut que le ministère de l’Éducation devrait assurer un meilleur «leadership» sur la question. Parmi ses recommandations se trouve l’idée que chaque commission scolaire établisse un seuil minimal de services pour les élèves HDAA.

La Fédération des comités de parents et des syndicats enseignants ont salué la sortie de ce rapport mercredi. «Tous sont d’avis de l’urgence et de la nécessité d’un coup de barre», ont réagi la CSQ et l’Association provinciale des enseignantes du Québec dans un communiqué conjoint.

De son côté, le ministre Sébastien Proulx a réagi mercredi en rappelant que certaines des recommandations de l'organisme avaient déjà été mises en place depuis la fin de leur enquête. Il dit aussi souhaiter revoir la politique d'adaptation scolaire «dans un prochain mandat».