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L’évolution de la pensée du gouvernement sur les pitbulls

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux
Photo Simon Clark Montage MRG Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux

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Après de nombreuses tergiversations, le gouvernement de Philippe Couillard renonce à interdire les pitbulls au Québec.

Cette décision survient alors que des villes comme Montréal ont conclu qu’il est inacceptable d’interdire nommément une race de chien.

Or, le gouvernement a pourtant longtemps jonglé avec cette possibilité, à la suite du tragique décès de Christiane Vadnais, cette femme de 55 ans, attaquée mortellement par un chien, en juin 2016.

Christiane Vadnais est morte à 55 ans le 8 juin 2016, victime d’une attaque de chien alors qu’elle était dans sa cour.
Photo d’archives
Christiane Vadnais est morte à 55 ans le 8 juin 2016, victime d’une attaque de chien alors qu’elle était dans sa cour.

 

Voici donc l’évolution de la pensée du gouvernement :

9 juin 2016

Le premier ministre Philippe Couillard a dû rectifier le tir après que son ministre Martin Coiteux eut répété qu’il appartient aux municipalités de prendre leurs responsabilités en vertu des pouvoirs dont elles disposent déjà. Il a donc annoncé la création d’une table de travail réunissant des intervenants des ministères de la Sécurité publique et de l’Agriculture, de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et de la Fédération québécoise des municipalités (FQM).

«Il ne faut pas que je contredise avec la main gauche ce que la main droite est en train de faire, mais par contre, je pense qu’on peut en discuter ensemble.»

10 juin 2016

À la suite d’une sortie fracassante de la famille de Christiane Vadnais, victime d’un pitbull, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux promet des actions.

«Évidemment qu'on est tous horrifiés par les événements des derniers jours, puis en particulier par ce qui est arrivé à Mme Vadnais. Et puis ma première pensée, puis la pensée du gouvernement depuis le début, va à la famille.»

15 juin 2016

S’il n’en tenait qu’au ministre de la Santé, Gaétan Barrette interdirait les pitbulls partout au Québec.

«J’ai été à même de constater le dommage que ces chiens-là peuvent faire.»

«Personnellement, je suis en faveur à ce qu’il y ait une réglementation allant jusqu’à l’interdiction de ce chien-là. C’est un chien qui est agressif. C’est documenté. On n’arrête pas d’avoir des événements.»

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux
Photo Fotolia

 

15 juin 2016

Le premier ministre Philippe Couillard souhaite légiférer rapidement.

«Il est clair que la principale préoccupation est la sécurité des personnes, avant celle des animaux.»

13 août 2016

Le gouvernement Couillard examine toujours la possibilité d’interdire les pitbulls sur le territoire québécois. Le ministre Martin Coiteux assure qu’il ne se sent pas lié par le comité sur les chiens dangereux, qui ne recommande pas de bannir cette race de chien.

«Le rapport n’est pas la décision du gouvernement, le rapport c’est quelque chose qu’on utilise dans notre processus pour en venir à prendre des décisions. C’est nous qui représentons l’intérêt public, le gouvernement, ce n’est pas le comité qui décide.»

22 août 2016

Contrairement à ce qu’a recommandé son groupe de travail, le gouvernement Couillard entend interdire partout au Québec les pitbulls et tous les chiens dangereux, en plus d’imposer des règles strictes pour toutes les races.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux
Photo Fotolia

 

 

13 avril 2017

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a déposé un projet de loi visant à interdire «tout chien qui est potentiellement dangereux». Son gouvernement espérait alors faire adopter la loi «le plus rapidement possible».

«On va interdire les chiens de type pitbull.»

20 mars  2018

À la recherche d’un consensus entre les deux camps, le ministre Martin Coiteux a refusé de s’engager à interdire les pitbulls.

«Il y a des gens qui vont insister sur l’importance d’aller jusque là, il y a des gens qui vont nous présenter d’autres points de vue. Mon rôle, comme ministre de la Sécurité publique, c’est de m’assurer qu’en fin de parcours on ait le meilleur régime d’encadrement possible.»

«Je le sais, ce n’est pas un projet de loi qui est accueilli de la même façon, unanimement, par tous les Québécois. C’est un projet de loi qui est polarisant.»

22 mars 2018

Alors qu’il promettait de bannir les pitbulls par règlement lors du dépôt du projet de loi au printemps 2018, le ministre a nuancé sa position en commission parlementaire étudiant le projet de loi sur l’encadrement des chiens dangereux. Il a tenté de trouver un «point de ralliement» entre pro et anti-pitbulls.

«Il y a effectivement des groupes pros et des groupes anti-pitbulls et ceux-là, je pense qu'on est capables de faire la part des choses. On sait qu'il y a un... qu'il peut y avoir un biais dans la présentation des statistiques, le choix des études, les points de vue qui vont nous être présentés et ça, je pense qu'on est capables de trier ça. En tout cas, je présume qu'on est capables».

29 mai 2018

Le ministre Martin Coiteux avait bon espoir de faire adopter son projet de loi malgré l’opposition de Montréal et d’autres municipalités.

«Je n’ai pas lancé la serviette, là-dessus.»

«Il y a un consensus quand même assez solide. Alors, peut-être qu’on pourrait travailler avec les oppositions sur les éléments qui font consensus.»

6 juin 2018

Puis, le gouvernement renonce finalement à interdire les pitbulls...  Le ministre Coiteux préférerait un nouveau projet de loi «plus consensuel» sur la question.

«Il n’y a pas de consensus scientifique, même pas de corroborateurs scientifiques qui nous disent que ça va être quelque chose de praticable d’aller jusqu’à la désignation et l’interdiction de race particulière.»

«Je ne veux pas qu'on laisse la table vide. Je veux m'assurer qu'on ait des règles sévères partout au Québec, dans toutes les villes. Ce ne sera pas des règles bonbon qui seront appliquées.»