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G7: des airs de ville fantôme

Les manifestants ont eu quelques accrochages avec les forces de l’ordre, beaucoup plus nombreuses

Le Vieux-Québec, ici la rue Saint-Jean, bien plus tranquille qu’à l’habitude pour un beau vendredi de juin.
Photo Didier Debusschère Le Vieux-Québec, ici la rue Saint-Jean, bien plus tranquille qu’à l’habitude pour un beau vendredi de juin.

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Québec avait l’air d’une ville fantôme, vendredi, et à part quelques escarmouches vite réprimées, les manifestants anti-G7 n’ont jamais réussi à s’imposer devant l’intimidant dispositif policier.

Les protestataires, somme toute peu nombreux, ont joué au chat et à la souris toute la journée avec les policiers.

En matinée, un petit groupe d’une centaine de personnes a voulu bloquer l’accès à l’autoroute Dufferin-Montmorency, en mettant le feu à des meubles disposés sur la chaussée. Ils ont ensuite tenté de s’enfuir à travers le Faubourg, vite rattrapés par les forces du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

«C’est indécent!» ont crié de leur balcon des témoins de l’arrestation d’une dame qui participait au rassemblement. « La répression, c’est dégueulasse ! » scandaient pour leur part les manifestants.

La circulation et le transport en commun ont été perturbés momentanément en haute-ville, mais sans plus.

En après-midi, les pelotons policiers lourdement armés se sont mobilisés pour prendre en souricière une poignée de manifestants sur les Plaines.

«Est-ce qu’il y a vraiment tous ces policiers pour ces manifestants?» s’est étonnée Krista, une touriste allemande qui regardait les manœuvres avec incrédulité.

Silence inhabituel

Le tout s’est terminé avec une course dans la basse-ville, alors que les policiers ont pourchassé des manifestants. Finalement, ils ont procédé à moins d’une dizaine d’arrestations.

Toute la journée sur la colline Parlementaire régnait un silence inhabituel pour un beau vendredi ensoleillé. Un calme rompu uniquement par le bruit des hélicoptères des forces de l’ordre survolant le périmètre.

Fait rare à cet endroit, des autobus du Réseau de transport de la capitale défilaient, vides.

Sur la Grande Allée, des commerçants qui avaient décidé de ne pas fermer boutique jasaient, appuyés sur la clôture en face de leur devanture, attendant d’improbables clients. Quelques irréductibles avaient choisi de s’asseoir à la terrasse pour siroter une bière.

Touristes étonnés

Un peu plus loin, dans le Vieux-Québec, les touristes avaient la ville pour eux seuls et se surprenaient de la tranquillité des lieux.

Un navire de croisière s’est délesté de quelque 1600 passagers qui ont sillonné le Petit Champlain à leur guise.

Même si les perturbations en haute-ville n’ont pas fait de flammèches, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, s’est dit en paix avec sa décision de donner congé à 10 000 fonctionnaires.

«Je vais être toujours du côté de la précaution, parce que s’il se produisait quelque chose, qu’est-ce que vous me diriez? Est-ce que vous n’auriez pas dû, dans le fond, mettre plus de forces de sécurité? [...] Prendre des précautions dans une situation semblable, c’est toujours une bonne chose », a-t-il commenté lors d’une mêlée de presse au Château Frontenac, en marge d’une rencontre avec le premier ministre du Vietnam.

— Avec la collaboration de Jean-Luc Lavallée, Elisa Cloutier, Nicolas Saillant et Pierre-Paul Biron