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Enquêtes de la GRC sur les «biens mal acquis» d’Africains au Québec

Devanture bâtiments
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin La GRC se penche sur des informations publiées par notre Bureau d’enquête en 2017. Le dossier rapportait notamment les transactions d’un beau-frère du président tchadien Idriss Déby, qui a acquis 10 condos d’un coup dans la tour Exalto de Devimco en 2016, pour 3,1 M$.

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La Gendarmerie royale du Canada a ouvert des enquêtes sur des transactions que de hauts gradés de régimes corrompus d’Afrique ont réalisées dans l’immobilier québécois, révélées par notre Bureau d’enquête l’an dernier.

Les enquêtes de la police fédérale (GRC) font suite au dépôt d’une série de plaintes basées sur les informations du Journal depuis mars dernier, dont deux proviennent de Sherpa, l’association anticorruption du célèbre avocat français William Bourdon.

20 politiciens

Notre Bureau d’enquête publiait en juin et octobre 2017 une série d’articles sur les transactions d’une vingtaine de politiciens et de hauts gradés de régimes corrompus d’Afrique. Ils ont acheté pour plus de 30 M$ d’immeubles dans les régions de Montréal et de Gatineau.

«Après la réception des informations, la GRC fait ce qu’on appelle une enquête préliminaire. On creuse pour aller plus loin, avoir plus d’informations», dit le constable Philip Zigayer, de la Division des enquêtes internationales et de nature délicate à la GRC.

Cibles inconnues

La police fédérale s’intéresse à certains proches de régimes africains dont notre Bureau d’enquête a révélé les activités dans l’immobilier québécois en 2017, mais refuse de préciser les cibles de son enquête.

«Il y a des informations qui doivent arriver sur mon bureau d’un jour à l’autre», assure le constable Zigayer. Il précise que ses services ont envoyé une divulgation au Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE), le service de renseignement financier du pays.

Cet organisme fédéral peut fournir des informations sur les transactions qu’ont réalisées les cibles des enquêtes policières.

Coalition anticorruption

William Bourdon se réjouit de l’ouverture d’enquêtes à la suite des plaintes de Sherpa. «Il est plus que temps que le Canada ne soit plus un “paradis judiciaire” pour les kleptocrates du monde entier», dit-il.

La Coalition Biens mal acquis (BMA) Canada se réjouit également des démarches de la GRC. Ce regroupement de Canadiens originaires de différents pays d’Afrique francophone a signé les plaintes avec Sherpa.

«Nous souhaitons que la police aboutisse à des résultats concrets, dit le porte-parole Georges Goma, originaire du Congo-Brazzaville. La richesse de l’Afrique est spoliée par les responsables politiques, qui viennent investir ici.»

Les deux organisations ont utilisé les documents et les informations diffusés par notre Bureau d’enquête en 2017 pour rédiger leurs plaintes, dont la dernière a été déposée le 7 juin.

Le Journal a révélé les transactions immobilières de hauts gradés, de politiciens et de hauts fonctionnaires de sept pays d’Afrique francophone, dont un beau-frère du président tchadien Idriss Déby, un ministre du président du Congo-Brazzaville Denis Sassou-Nguesso et le bras droit du président du Congo-Kinshasa Joseph Kabila.

Les plaintes de Sherpa et de la Coalition BMA Canada visent tous les individus que notre Bureau d’enquête a identifiés.

Vous avez de l’information? Contactez notre journaliste: hugo.joncas@quebecormedia.com
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