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Une amoureuse de la route se tue au volant à 97 ans

La dame disait souvent qu’elle préférait mourir plutôt que de ne plus conduire

La voiture de Blanche Major s’est retrouvée sur le toit après une perte de contrôle et une sortie de route jeudi.
Photo Éric Beaupré La voiture de Blanche Major s’est retrouvée sur le toit après une perte de contrôle et une sortie de route jeudi.

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SAINT-NAZAIRE-D’ACTON | Une dame de 97 ans qui préférait mourir plutôt que de perdre son permis de conduire est décédée, jeudi après-midi, en faisant une des choses qu’elle aimait le plus, conduire sa Chevrolet.

Blanche Major ne passait pas inaperçue quand elle traversait son village de Saint-Nazaire-d’Acton, situé entre Saint-Hyacinthe et Drummondville, au volant de sa voiture.

Blanche Major, <i>décédée</i>
Photo courtoisie
Blanche Major, décédée

«Elle roulait vraiment tranquillement. Il y avait souvent plusieurs autos qui la suivaient», raconte son ami Marcel Salvas, qui la connaissait depuis 60 ans.

Chaque jour, elle passait en voiture devant le domicile de sa nièce, Madeleine Major, et lui envoyait la main.

Marcel Salvas, <i>ami de la femme décédée</i>
Photo Caroline Lepage
Marcel Salvas, ami de la femme décédée

Les policiers se sont pointés chez elle, jeudi vers 23 h, pour lui annoncer que sa tante avait péri dans un accident sur la route des Érables dans le village voisin de Saint-Eugène. Elle était triste, mais savait qu’il s’agissait d’une «belle mort» pour cette femme appréciée de tous.

«Elle disait toujours qu’elle préférait mourir plutôt que de perdre ses licences. Conduire, c’était son plaisir», a raconté sa nièce.

Selon la porte-parole de la Sûreté du Québec Ingrid Asselin, la dame âgée a perdu le contrôle de sa voiture qui a fait un capotage et s’est retrouvée dans le fossé. Son décès a été constaté au centre hospitalier. Aucun autre véhicule n’a été impliqué.

Le coroner Yvon Garneau enquête pour déterminer les causes de l’accident. Selon lui, puisque le coussin gonflable ne s’est pas ouvert, la vitesse ne serait pas en cause.

Bouton d’urgence

M. Garneau indique que l’appel pour demander les secours est entré via les services d’urgence OnStar, un système électronique installé dans le véhicule de la conductrice.

«Elle avait un piton dans son auto sur lequel elle pouvait peser si elle avait un malaise. Elle avait fait le test devant moi et ça marchait», relate M. Salvas.

Ce dernier confirme que son amie était en forme et «avait toute sa tête». Elle habitait seule dans sa maison, qu’elle entretenait avec soin.

«Elle est allée s’acheter de la terre dernièrement et elle plantait ses fleurs à quatre pattes», raconte son copain.

En bonne santé

La victime allait avoir 98 ans en octobre.

«Je lui écrivais toujours dans sa carte de souhaits que j’espérais, à son âge, avoir sa santé et une auto comme la sienne», partage celle qui garde d’excellents souvenirs de sa tante.

Quand la dame a acheté sa voiture neuve, il y a environ cinq ans, le vendeur était tellement fier de compter une nonagénaire comme cliente qu’il s’est fait photographier avec elle.

D’après Mario Vaillancourt, porte-parole de la Société de l’assurance automobile du Québec, les conducteurs de 80 ans et plus peuvent détenir un permis de conduire valide s’ils réussissent les examens visuels et médicaux tous les deux ans. Les tests peuvent être plus rapprochés, selon l’état de santé du conducteur.