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De retour au Québec

Gaël Faure
Photo courtoisie, Charlotte Abramov Gaël Faure aura l’occasion de se produire au Québec à plusieurs reprises au cours de la prochaine année, puisqu’il accompagnera l’artiste Coeur de pirate sur scène lors des spectacles qu’elle présentera chez nous, en septembre.

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Son plus récent disque, Regain, vient tout juste d’atterrir dans les bacs, chez nous. L’artiste français, dont le dernier passage au Québec remonte à 2015, se produira dans le cadre des Francos, les 14 et 15 juin, et assurera les premières parties des concerts de Coeur de pirate, cet automne.

Mais qui est Gaël Faure, cet ex-participant de l’émission Nouvelle Star, qui roule sa bosse depuis plus d’une décennie déjà, lui qui n’a que 30 ans ? C’est ce que nous avons tenté de découvrir. Entretien.


Regain, que vous venez tout juste de lancer chez nous, est le premier album sur lequel vous signez ou cosignez les paroles de vos chansons. Pourquoi ne pas l’avoir fait avant ?

Parce que j’ai eu peur de ne pas savoir le faire. Je préférais donc m’entourer correctement. J’ai toujours composé ma musique, par contre. J’ai toujours eu les thèmes de mes chansons, mais de là à les écrire vraiment, c’est comme si j’avais toujours eu peur de moi, un petit peu.


Pourquoi l’avoir appelé Regain ?

Regain, c’est un terme agricole, à la base. J’ai toujours entendu mon père, qui était un peu paysan, parler du regain, sans savoir ce que c’était. Finalement, c’est l’herbe qui repousse. Je trouvais ça beau, c’est comme un second souffle, une seconde vie [...] Le regain, c’est une image intemporelle. Je trouvais aussi que c’était le bon moment, pour moi, d’appeler cet album comme ça [...] Je le vois comme une avancée vers quelque chose de meilleur.


Il faut dire, également, que vous êtes un artiste engagé, sur le plan de l’écologie...

Engagé, je n’aime pas trop ça, parce que tout de suite on pense à quelqu’un de très écolo, le panneau à la main, alors que ce n’est pas vraiment ça. Pour moi, c’est plutôt une évidence. C’est évident que nous devons faire attention à nous et à la nature. Après, j’ai monté un festival, en France, qui s’appelle Le chant des colibris et qui soutient le mouvement de Pierre Rabhi, un philosophe et écrivain français d’origine algérienne. Ça fait longtemps que je lis ses ouvrages. Il y en a un qui s’appelle Vers la sobriété heureuse et que j’ai adoré. L’axe de mon album, de ce que je veux vraiment raconter, de ce qui m’exaspère, c’est ça. C’est très lié. Je pense à une chanson comme Siffler, qui parle d’un bonhomme qui veut emprunter une nouvelle route, qui veut quitter son métier et rencontrer des gens, qui veut aller dans les vraies choses de la vie. Il ne veut pas subir son époque. La saison, quant à elle, fait référence à un peuple isolé de l’Himalaya qui vit depuis des millénaires avec des convictions très spirituelles. Ces gens prennent soin d’eux, de leur culture et de la nature. Je trouvais que c’était une belle histoire d’amour, en fait. Pour contre-balancer tout ça, puisque je suis de mon époque et que je n’ai que 30 ans, je parle aussi de la vie urbaine, sur ce disque. Une chanson comme Courbes et lacets parle de ces soirées, de ces moments où l’on ressent le besoin de l’autre, de la chair. C’était important, pour moi, qu’il y ait une ambivalence, mais aussi une forme de cohésion, quelque part.


Musicalement, vous avez choisi de ne pas donner uniquement dans le folk. Vous avez apporté des touches de pop et d’électro à vos chansons.

J’aime bien les textures et la matière [...] C’est vrai que c’est pénible de toujours être mis dans une case. J’avais envie de casser les codes du folk et du chanteur français [...] J’ai voulu aller un peu partout, au risque de perdre quelques personnes.


Vous aurez l’occasion de nous visiter deux fois plutôt qu’une, cette année, puisque vous assurerez les premières parties de Coeur de pirate lors de ses concerts au Québec, en septembre. Comment cette collaboration est-elle née ?

Nous nous sommes rencontrés lors d’une émission diffusée sur RTL (une importante radio, en France). Elle a beaucoup aimé ce qu’elle a entendu, et je lui ai demandé si elle n’avait pas des premières parties à me faire faire, chez elle. Elle m’a dit : « Si, d’accord ». Nous avons parlé à nos agents, et ça s’est fait en deux secondes. C’est incroyable.


Gaël Faure se produira sur la scène Ford des FrancoFolies le 15 juin, à 19 h. Il assurera aussi la première partie de Juliette Armanet à l’Astral, le 14 juin.