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Les enfants chéris du Festival en chanson

36e édition du Festival en chanson de Petite-Vallée

Louis-Jean Cormier et Marie-Pierre Arthur gardent des souvenirs impérissables des deux bâtiments qui ont brûlé à Petite-Vallée, là où ils ont passé leur enfance.
Photo courtoisie, Jean-Charles Labarre Louis-Jean Cormier et Marie-Pierre Arthur gardent des souvenirs impérissables des deux bâtiments qui ont brûlé à Petite-Vallée, là où ils ont passé leur enfance.

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Louis-Jean Cormier et Marie-Pierre Arthur sont les « passeurs de la reconstruction » de la 36e édition du Festival en chanson de Petite-Vallée. Un rôle très symbolique pour les deux artistes, qui sont pratiquement nés dans le festival.

Née au village voisin de Grande-Vallée, d’une mère technicienne en sonorisation et éclairage, Marie-Pierre Arthur a vécu le festival « dans tous les contextes », raconte-t-elle à l’autre bout du fil.

« Mon enfance et le festival, c’est tout mélangé, parce que c’est la même chose. Je me souviens être assise sur des bancs à écouter des chanteuses. J’ai même fait de la bouffe à des participants. Tous les voyages de fin d’année prévus avec mon école, je les ai tous refusés parce que ça tombait durant le festival. »

C’est durant cette époque qu’elle s’est liée d’amitié avec Louis-Jean Cormier, qui avait trois ans quand le Festival en chanson a été fondé par son cousin Alan Côté.

« Le Théâtre de la Vieille Forge représente pour moi beaucoup de souvenirs, dit-il. C’est là que j’ai rencontré pour la première fois Jim Corcoran, je devais avoir huit ans. J’allais aussi espionner Pierre Flynn pendant qu’il montait ses affaires pour son show.

« On est une famille de musiciens, j’ai commencé le piano à quatre ans, mon frère (Benoît Cormier, violoniste à l’OSQ), le violon à quatre ans, ma sœur a fait du piano très longtemps. Mon père est chef de chœur et ma mère chante dans des chorales depuis toujours. À un moment donné, ma tante Lorette, qui est ma prof de piano, m’a offert une guitare. C’est Alan qui m’a montré mes premiers accords », ajoute-t-il.

Être passeurs, un rêve secret

À force de voir passer les Richard Séguin, Michel Rivard et Gilles Vigneault comme parrains du festival, Marie-Pierre Arthur et Louis-Jean Cormier rêvaient « en silence » d’être un passeur de Petite-Vallée. « Depuis que j’ai 12, 13 ans », précise Cormier.

« Je le souhaitais vraiment beaucoup, mais je ne pensais pas que ce serait pour tout de suite, renchérit Marie-Pierre Arthur. Je ne suis pas Jean-Pierre Ferland non plus.

« Louis-Jean et moi, on se disait que peut-être qu’un jour ce serait nous. On est là parce qu’on est les enfants de la place. »

Deux spectacles

Louis-Jean Cormier et Marie-Pierre Arthur donneront deux spectacles ensemble durant le festival.

Ils seront d’abord du spectacle Une fois six, avec Ariane Moffatt, Salomé Leclerc, Fred Fortin et Olivier Langevin. « On pourrait facilement appeler ça un “all stars band”, explique Louis-Jean Cormier. Ce n’est pas un show où les invités passent un après l’autre pour faire leur chanson. Là, les invités sont les musiciens. On fait tout nous-mêmes, on s’accompagne, on joue sur les tounes des autres. »

Dans un tout autre contexte, « très intime » cette fois-ci, les deux artistes s’uniront pour un spectacle en duo, avec un seul micro, à la manière de ce qui se faisait dans les années 30, 40.

« Marie-Pierre et moi, on s’est retrouvé à chanter plusieurs fois à Petite-Vallée dans des spectacles hommages aux passeurs au fil du temps. On va chanter la plupart des chansons qu’on a chantées aux hommages, en plus de nos propres chansons », explique Cormier.

Une édition particulière

Tous deux s’entendent pour dire que cette édition ne sera pas comme les autres. « Je m’attends à avoir certains réflexes, confie Louis-Jean Cormier, comme se dire qu’on se rejoint au café après un show, mais il n’y a plus de café. Est-ce qu’on va voir les tantes à la Maison Lebreux ? Non, il n’y a plus de Maison Lebreux. J’ai un peu perdu mes repères. Mais je sais que le party va pogner au chapiteau. »

« On ne s’en va pas là pour se faire “hommager” bord en bord. On va mettre la main à la pâte et on va être là en soutien », conclut sa complice.