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G7: loin du grabuge redouté par les autorités à Québec

Plusieurs centaines de manifestants ont déambulé dans le Vieux-Québec sous très haute surveillance

L’ambiance était presque détendue en haute-ville.
Photo Didier Debusschère L’ambiance était presque détendue en haute-ville.

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La dernière manifestation anti-G7 se sera déroulée sous les mêmes signes que lors des journées précédentes. Non violente, sans débordements et surtout fortement réprimée par les forces de l’ordre, la mobilisation contre le Sommet aura été bien moindre que ce que les autorités craignaient depuis des mois.

Plus de 500 manifestants ont marché dans une ambiance bon enfant à travers le Vieux-Québec hier, suivis encore une fois à la trace par de nombreux policiers antiémeute. Tout au long du parcours d’environ deux kilomètres, nul signe d’agressivité ou de violence des manifestants n’est venu troubler la marche, outre quelques face-à-face avec des policiers lourdement armés.

« Vas-tu être correct ? N’oublie pas de prendre une gorgée d’eau, c’est important d’être hydraté », a même rappelé une bienveillante manifestante à un policier qui se trouvait devant elle lors d’un arrêt devant la Place d’Youville. Un autre arrêt a été marqué devant la Château Frontenac.

L’omniprésence policière ne semblait pas inquiéter ces deux dames.
Photo Annie T. Roussel
L’omniprésence policière ne semblait pas inquiéter ces deux dames.

Loin de 2001

Alors que les autorités attendaient du grabuge et que tous avaient en tête les images enfumées du Sommet des Amériques de 2001, ce sont des marches pacifiques et des actions spontanées menées par une poignée de manifestants qui auront marqué le mouvement anti-G7.

Après l’absence totale de gaz lacrymogène, les dommages minimes sur la voie publique et une dizaine d’arrestations seulement, c’est la présence policière qui était encore une fois sur toutes les lèvres hier.

Certains manifestants ont fait face aux policiers, mais aucune violence ou aucun débordement n’ont marqué cette mobilisation. Cette scène a été croquée sur la rue Saint-Louis.
Photo Didier Debusschère
Certains manifestants ont fait face aux policiers, mais aucune violence ou aucun débordement n’ont marqué cette mobilisation. Cette scène a été croquée sur la rue Saint-Louis.

« On se sent intimidé par cette police qui est partout. L’effet est carrément sur la liberté d’expression. Il y a des gens qui normalement seraient venus ici et qui ne sont pas là », déplorait d’ailleurs Claude Vaillancourt, porte-parole de la coalition d’organismes civils organisant la manifestation.

Seul député de l’Assemblée nationale présent, Amir Khadir de Québec Solidaire qualifiait « d’atteinte à la liberté fondamentale » et de « pente glissante » une telle démonstration de force.

« C’est ça qu’on a fait. On a dissuadé des milliers de gens de prendre part à des manifestations. [...] Ce droit est tellement important à protéger qu’il faut prendre des risques. Quelques vitrines cassées n’ont aucune valeur devant l’absolu de ce droit ».

Afin d’expliquer l’absence des autres partis, Catherine Dorion, candidate de QS dans Taschereau, a quant à elle soutenu que les autres élus « ont peur de s’associer à quelque chose qui n’est pas le pouvoir ».

Total de 13 arrestations

Par ailleurs, le Groupe intégré de sécurité (GIS) a annoncé l’arrestation de trois nouvelles personnes depuis la fin de l’après-midi vendredi, ce qui porte le nombre total à 13 depuis le début des activités anti-G7.

Or, il a été impossible de connaître les raisons pour lesquelles ces trois personnes supplémentaires ont été arrêtées ni l’endroit de ces interpellations.

– Avec la collaboration de Nicolas Lachance, Jean-François Racine et Nicolas Saillant