/weekend
Navigation

Petite-Vallée: le village qui chante

Alan Côté du Festival en chanson de Petite-Vallée
Photo Sandra Godin Alan Côté du Festival en chanson de Petite-Vallée

Coup d'oeil sur cet article

PETITE-VALLÉE | Comment un petit village de 150 habitants à neuf heures de route de Montréal est-il devenu un berceau de la chanson québécoise ? À Petite-Vallée, qui accueillera dès le 28 juin la 36e édition du Festival en chanson, tout le monde chante. Les familles, tissées serré, s’assurent de transmettre l’amour de la musique de génération en génération.

À trois semaines du début de son festival, Petite-Vallée peut déjà dire mission accomplie. Le village s’est relevé avec vigueur des deux incendies qui ont ravagé en l’espace de quelques mois la légendaire Maison Lebreux et le Théâtre de la Vieille Forge, tous deux situés sur la pointe d’une mythique berge, dont le paysage est désormais changé à jamais.

L’intérieur du nouveau chapiteau, qui contiendra deux salles de spectacles, de 150 et 300 places, ainsi qu’un café bistro.
Photo courtoisie, Jean-Charles Labarre
L’intérieur du nouveau chapiteau, qui contiendra deux salles de spectacles, de 150 et 300 places, ainsi qu’un café bistro.

Un chapiteau provisoire y a été installé pour les deux prochaines années, en attendant la reconstruction du nouveau théâtre, prévu pour 2020.

Il était hors de question pour l’organisation de sauter une édition du festival, qui emploie 50 des 150 habitants du village, et qui génère des retombées économiques de 2 millions $ par année.

Cette année, pas moins de 20 000 visiteurs sont attendus et plus d’une trentaine de spectacles seront présentés.

L’éloignement, un avantage

Selon le grand manitou du festival, Alan Côté, qui a développé au fil des ans un important volet de formation musicale pour les jeunes artistes, Petite-Vallée est avantagée par son éloignement des grands centres.

« On est connecté sur la nature avec le fleuve, l’horizon à perte de vue... On est un lieu extraordinaire pour la création, on ne se concentre pas sur autre chose que ça », dit celui qui se démène pour tout livrer à temps pour le festival et qu’on a rencontré entre deux appels téléphoniques sur le chantier du chapiteau.

« On est passé d’un concours d’interprètes à un concours d’auteurs-compositeurs, à un lieu culte pour les artistes en début de carrière. On a reconnu à Petite-Vallée la chanson québécoise dans toute son identité en portant bien haut le flambeau. Aujourd’hui, tous les artistes veulent venir ici. »

Alan Côté fait remarquer qu’au dernier gala de l’ADISQ, « la plupart des nominations étaient des artistes qui sont passés ici », dit-il, en donnant l’exemple de Patrice Michaud, qui a émergé à Petite-Vallée, tout comme Vincent Vallières et Louis-Jean Cormier.

Originaire de Cap-Chat, près de Petite-Vallée, Patrice Michaud s’est formé en tant qu’artiste au festival, qu’il a fréquenté de nombreuses fois, « au moment où ma carrière n’existait pas encore », dit-il.

« Ç’a été une école inestimable. C’est là qu’on m’a signalé que j’avais le feu vert pour faire ce métier-là », dit celui qui a été un des derniers gagnants du festival en 2008, à l’époque où l’événement était encore un concours.

Un berceau de la chanson

Si Petite-Vallée est une plaque tournante de la chanson, c’est aussi parce que ça chante dans les familles, qui tiennent à perpétuer les traditions musicales du village.

Arthur Fournier et Gisèle Melançon sont un bel exemple de transmission de l’amour de la musique ; ils sont les parents de la chanteuse Marie-Pierre Arthur, une des artistes passeurs du festival, et du directeur musical Jean-Sébastien Fournier, qui travaille aujourd’hui avec, entre autres, Véronic Dicaire.

Le couple retraité s’implique dans le festival depuis ses débuts. Gisèle Melançon possédait une compagnie de sonorisation et d’éclairages à l’époque. Aujourd’hui, Arthur Fournier est membre du conseil d’administration du festival et bénévole pour la construction du chapiteau.

« On a toujours fait partie du festival. Nos quatre enfants sont tous musiciens », confie-t-il aux côtés de sa femme, assis dans son studio maison, équipé de clavier, piano, guitares et percussions, bref, tout ce qu’il faut pour faire un spectacle dans la maison.

« On voulait au moins avoir un enfant musicien. C’était notre rêve. Tout le monde a commencé par apprendre le piano avec Gisèle, c’était obligatoire » explique Arthur Fournier, dont les petits-enfants sont aussi musiciens.

Un avenir assuré

On pourra dire qu’il est arrivé un mal pour un bien. Le nouveau Théâtre de la Vieille Forge, qui devrait voir le jour en 2020, si tout va comme prévu, assurera la pérennité de l’événement pour de nombreuses années. La magnifique berge s’apprête maintenant à accueillir une nouvelle génération d’auteurs-compositeurs.

« C’est pour ça qu’on met tous les efforts, pour l’avenir de la musique », soutient Alan Côté.


♦  Le Festival en chanson de Petite-Vallée aura lieu du 28 juin au 7 juillet. Parmi les invités, on retrouvera Andréanne A. Malette, Marjo, Émile Proulx-Cloutier, Hubert Lenoir, Jean-Pierre Ferland, Yann Perreau, Philippe Brach et Galaxie, entre autres.