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Je suis fier de mes Caps

Longtemps critiqué pour ses insuccès en éliminatoires, Alexander Ovechkin a montré qu’il avait ce qu’il fallait pour mener son équipe aux grands honneurs.
Photo AFP Longtemps critiqué pour ses insuccès en éliminatoires, Alexander Ovechkin a montré qu’il avait ce qu’il fallait pour mener son équipe aux grands honneurs.

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Je viens de suivre ma cinquième finale de la coupe Stanley pour le compte de TVA Sports et c’est de loin celle qui m’a le plus marqué.

Pour commencer, une série finale impliquant Las Vegas était quelque chose d’inimaginable en début de saison. Les Golden Knights ont connu une saison de rêve et ils ont reçu un appui incroyable de la part des gens de Vegas.

Les Knights ont marqué la LNH et pas seulement sur le plan hockey. Ils ont innové à bien des égards. Gary Bettman et ses partenaires ont frappé un coup de circuit avec cette franchise dirigée de main de maître par le propriétaire, Bill Foley.

J’avais beaucoup de sympathie pour la formation de l’entraîneur Gerard Gallant et de mon ancien directeur général à Washington, George McPhee. J’espérais le mieux pour Marc-André Fleury, Jonathan Marchessault, William Karlsson et toute cette équipe inspirée et inspirante.

Ils n’ont peut-être pas gagné la coupe, mais on parlera encore d’eux dans 30 ans. En une seule saison, ils ont marqué l’histoire du hockey et rarement a-t-on vu une équipe finaliste mériter autant de reconnaissance.

Les Golden Knights croyaient vraiment en leurs chances. Marc-André Fleury l’a éloquemment démontré dans l’entrevue d’après-match qu’il a livrée à mon collègue Marc-André Perreault. Par deux fois, Perreault a tenté de l’emmener sur la voie de leur saison exceptionnelle, mais Fleury était envahi par un seul sentiment, la douleur de la défaite.

Mon cœur avec les Caps

J’étais déchiré dans cette finale, mais je ne vous ai jamais caché que mon cœur était avec les Capitals. L’ambiance à Washington était aussi électrisante qu’à Vegas. C’était un plaisir d’être là-bas et de renouer avec mes anciens coéquipiers, mais aussi avec les employés des Capitals.

J’ai joué à Montréal, Colorado, Washington, Minnesota et en Floride, mais c’est à Washington que je me suis fait le plus d’amis. J’étais un grand frère pour des jeunes comme Nicklas Backstrom, John Carlson, Mike Green.

Ovechkin un grand leader

Alex Ovechkin a toujours été un bon ami. Backstrom a acheté ma maison, celle où j’ai tenu le party du Super Bowl les deux années où j’ai joué à Washington. Ovechkin était le premier arrivé et il ne partait que le lendemain matin.

Ça fait des années que je répète qu’Ovechkin est un leader, mais on l’a toujours critiqué parce qu’il n’avait jamais gagné la coupe Stanley. Eh bien, c’est fait, maintenant, et Ovi a joué comme un grand leader. Il a même gagné le trophée Conn-Smythe.

Désormais, je vais avoir moins de difficulté à le défendre. Y avait-il un doute sur son implication au cours des dernières séries éliminatoires ?

Y avait-il un doute sur son désir ou sur l’émotion qu’il démontrait à chaque but des Capitals ? Y avait-il un doute sur l’immense satisfaction qu’il devait ressentir lorsqu’il a soulevé la coupe Stanley ?

Une belle sensation

J’aurais aimé le voir après le match, mais il était sollicité de partout. Je suis descendu sur la patinoire et j’ai ressenti quelque chose de spécial lorsque Nicklas Backstrom m’a aperçu. Il m’a carrément sauté dans les bras. J’ai vu ses parents et son frère, que je connaissais bien.

Ce fut le même scénario avec plusieurs employés des Capitals, comme les thérapeutes du sport ou les préposés à l’équipement. Ce sont les mêmes personnes qu’à mon époque en 2009 et 2010 et ils m’ont traité comme un des leurs au cours de la série.

Je n’ai jamais gagné la coupe Stanley et je ne la gagnerai jamais, mais j’avais presque l’impression de l’avoir gagnée.

Oui, je suis vraiment fier de mes Caps !

-Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

Un propriétaire en or

Je suis vraiment heureux pour le propriétaire des Capitals, Ted Leonsis. Voilà un homme qui est dans le hockey pour les bonnes raisons et qui est proche de ses joueurs. Il la voulait tellement cette coupe et j’ai adoré l’entendre dire qu’il en voulait d’autres. À ma connaissance, c’est la première fois qu’un propriétaire emmène 200 employés à l’autre bout du pays pour vivre une finale de la coupe Stanley. Quand j’étais à Washington, il venait nous serrer la main après chaque victoire et on sentait qu’il était vraiment content. J’imagine ce qu’il doit ressentir, aujourd’hui.

Leonsis et Ovechkin

Lorsque je suis arrivé à Washington en 2008, c’est le propriétaire, Ted Leonsis, qui m’a accueilli. Il nous a invités, ma femme et moi, à aller manger avec sa dame et lui. Pourtant, je ne venais de signer qu’un contrat de deux ans. Ce n’était pas comme si je venais de signer pour 10 ans. J’avais trouvé ça exceptionnel et très gentil de sa part. Après toutes ces années, il a sûrement une relation très particulière avec Alex Ovechkin.

Un contrat pour Barry Trotz

Il faut donner crédit à l’entraîneur des Capitals, Barry Trotz. Il a joué avec le feu en amorçant les séries avec Phillip Grubauer devant le filet, mais de façon générale, il a été l’entraîneur parfait pour cette équipe qui a toujours eu un peu de difficulté avec la pression. Troz a su créer le climat idéal. Il est libre comme l’air et il a le beau jeu, mais je suis convaincu que le propriétaire, Ted Leonsis, un homme loyal, va le récompenser avec un beau contrat.

Holtby s’est racheté

Braden Holtby a apporté de la stabilité devant le filet chez les Capitals dans les six dernières années et à mon avis, il était un candidat au trophée Conn-Smythe. Il a changé la série contre les Blue Jackets de Columbus et son arrêt contre Alex Tuch dans le match numéro deux va passer à l’histoire. Après l’époque d’Olaf Kolzig, les gardiens se sont succédé à Washington, incluant Cristobal Huet, moi-même, Semyon Varlamov, Michal Neuvirth, puis Holtby. L’ironie, c’est que la pire saison de Holtby s’est terminée avec la coupe à bout de bras.