/news/currentevents
Navigation

Procès de Claude Guillot: la menace d'être sur le «BS» pour «motiver» les enfants à travailler

Claude Guillot accusé d’avoir posé des gestes de violence auprès de six enfants

La procureure aux poursuites criminelles et pénales a déposé en preuve différents vidéos qui ont été tournées à l’intérieur de la maison de Guillot.
Photo courtoisie La procureure aux poursuites criminelles et pénales a déposé en preuve différents vidéos qui ont été tournées à l’intérieur de la maison de Guillot.

Coup d'oeil sur cet article

Les « BS vivent dans des logements à prix modique, crient dans les corridors et ils défèquent dans les couloirs », racontait Claude Guillot à ses protégés pour les « motiver » à travailler.

Au septième jour du procès du pasteur évangéliste baptiste accusé d’avoir posé des gestes de violence auprès de six enfants, la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Sonia Lapointe, a déposé en preuve différentes vidéos qui ont été tournées à l’intérieur de la maison de Guillot, qui se trouvait au cœur du quartier Chauveau, à Québec. 

Voix robotique

À même le sol, tour à tour, les enfants sont questionnés pour savoir ce qu’ils vont faire pour ne pas, un jour, « être tabletté » ou se retrouver sur « le BS ».

D’une voix robotique, sans la moindre ponctuation et sous l’œil de la caméra, les tout-petits prennent la parole lorsqu’ils sont invités à le faire. Le discours fait peur venant de si petites bouches.

Des vidéos tournées dans la maison de Guillot ont été déposées en preuve. Ici, l’enfant assis à droite était en conséquence. Il ne pouvait être en contact avec les autres.
Photo courtoisie
Des vidéos tournées dans la maison de Guillot ont été déposées en preuve. Ici, l’enfant assis à droite était en conséquence. Il ne pouvait être en contact avec les autres.

« Moi, je ne veux pas être tabletté, donc je vais faire ce que vous me demandez. Je vais écouter et de même je vais pouvoir me développer dans mon cours de piano. J’ai manqué de rigueur, donc je vais travailler cela et je vais apprendre à être minutieux partout, même dans le piano », répond Marc-Antoine, 10 ans. 

« Gang de BS »

Simon, 16 ans, l’une des cibles préférées de Guillot, est aussi invité à s’exprimer, mais rapidement, l’enfant qui semble désespéré se fait couper la parole alors qu’il mentionne qu’il « ne sait même plus quoi faire » avec sa vie puisqu’il passe ses « journées à ne rien faire ».

« Je te prépare pour le BS. C’est facile de paresser, d’être lâche, de ne rien faire ou de ne faire que ce que tu aimes, d’être insignifiant, pis de rire à rien, faque on se dit OK, c’est là que tu veux aller ? Ben envoyeille... su’le BS », lui répond alors Guillot, froidement. 

« Tu ne pourras jamais prospérer. Tu vas te ramasser dans un logement à prix modique avec une gang de BS... Ça crie dans les corridors, pis je te le dis, j’en ai vu des choses. Y’a pas juste des déchets, y’a même des gens qui défèquent... », ajoute l’homme d’Église.

Les larmes aux yeux, l’enfant craintif précise qu’il ne sait vraiment plus quoi faire. 

« Bon, ben si t’as pu rien à dire, retourne t’en dans le coin », lui somme alors celui qui disait vouloir les protéger.