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Un Beauceron dans sa cour

Guillaume Davidson comblé de vivre sa première expérience au Tour

Guillaume Davidson
Photo Jean-François Racine Guillaume Davidson prendra part pour une première fois au Tour de Beauce, la compétition dans son coin de pays qui l’a poussé à se lancer dans le cyclisme.

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L’équipe du Québec effectue son retour attendu au Tour de Beauce et un jeune cycliste particulièrement fébrile s’y trouve. Pour Guillaume Davidson, un Beauceron dont la maison familiale se trouve à quelques pas du départ de la 33e édition de l’événement, aujourd’hui à Saint-Georges, l’occasion est inespérée.

Le coureur de 18 ans qui vient à peine de quitter les rangs juniors ne s’attendait certainement pas à pareil clin d’œil du destin lorsque, neuf ans plus tôt, le gamin de l’époque observait les cyclistes du Tour de Beauce rouler dans sa ville natale.

« C’est la course qui m’a donné le goût de faire du cyclisme. C’est la première course que j’ai vue. J’étais pee-wee, j’avais neuf ans et quand j’ai vu les coureurs passer, j’ai commencé à vraiment faire du vélo. Ça donne le goût !

« Je n’ai jamais vraiment su jusqu’où le vélo allait me conduire, mais aujourd’hui je suis rendu au Tour de Beauce et j’en suis bien content », s’est régalé Davidson, à la veille de la première des cinq étapes du Tour.

De grosses pointures

De toute évidence, l’équipe du Québec, qui en sera à sa première présence depuis 2010, ne s’amène pas avec l’objectif de tout rafler.

Menée par le vétéran Bruno Langlois, qui s’est entouré de coureurs U23, elle sera avant tout sur place pour que les jeunes espoirs puissent garnir leur bagage.

« C’est sûr qu’on va aller chercher de l’expérience et selon ce qui va se passer dans les étapes, peut-être qu’ils vont essayer de nous envoyer dans les échappées pour montrer les coureurs. Ce sera sûrement la stratégie et avec Bruno pour nous aider dans la course, ça va nous donner un bon coup de main. On ne pouvait pas espérer mieux que lui pour le Tour », a signalé Davidson, impatient de vivre une course aussi relevée.

« Je suis stressé, je ne sais pas à quoi m’attendre. Je me pose des questions, mais j’ai tout fait le nécessaire pour arriver ici au sommet de ma forme. Il y a de super grosses équipes ici, avec des gars qui ont fait le Tour de la Californie. C’est difficile de savoir comment ça peut se passer », a-t-il poursuivi.

Il a roulé en France

Même s’il en sera à son baptême, Guillaume Davidson n’a rien d’un néophyte, lui qui a quitté le sol québécois le 1er février pour s’aligner avec l’équipe Macadam’s Cowboys, qui évolue en troisième division française.

Il est de retour au bercail depuis le 22 mai et lors des derniers mois en France, il a connu de bons résultats, notamment une quatrième place au classement général du Tour de Haute-Saône, une épreuve en deux étapes.

« Au début, c’était vraiment dur parce que je sortais des juniors. On a vécu de super grosses vagues de froid et pendant deux semaines, on a dû rouler dans la neige à -10 degrés ou à zéro avec de la pluie. Moi et l’autre Québécois (Félix Boutin), on ne comprenait pas comment ils pouvaient rouler dans de telles conditions. Et les Français ne comprenaient pas comment des Canadiens ne faisaient pas de courses à ces températures-là ! Dans les deux derniers mois, il faisait beau et la forme reprenait le dessus. Ça s’est bien passé de manière générale », a-t-il souligné.

Pas de gros changements

Svein Tuft, de l’équipe canadienne, et Bruno Langlois, de l’équipe du Québec.
Photo Jean-François Racine
Svein Tuft, de l’équipe canadienne, et Bruno Langlois, de l’équipe du Québec.

Même si l’organisation d’une classique annuelle comme le Tour de Beauce amène inévitablement son lot d’imprévus et de casse-têtes, les responsables n’ont pas eu à composer avec le désistement de gros noms.

Les quatre formations procontinentales annoncées n’ont pas fait faux bond et les coureurs de renom comme le vainqueur de l’an dernier, le Letton Andzs Flaksis, seront comme prévu sur la ligne de départ.

« Tout se déroule pas mal dans l’ordre normal des choses. Il y a bien sûr quelques changements mineurs dans les alignements des équipes parce qu’elles ont jusqu’à la dernière minute pour soumettre leurs coureurs, mais tous les gros noms sont sur place comme prévu », a indiqué le directeur général du Tour, Francis Rancourt.

Toujours selon ce dernier, si certaines éditions pouvaient laisser moins de place au suspense, les amateurs sont en droit de s’attendre à une lutte acharnée pour cette 33e édition.

« Il y a au moins 10 gars là-dedans et aussi une dizaine d’équipes qui pourraient finir au sommet du classement général », a-t-il assuré.

Toujours des soucis

De l’aveu de M. Rancourt, le Tour de Beauce se porte bien, même dans un contexte où certains événements phares du cyclisme en Amérique du Nord ont dû tirer leur révérence dans les dernières années. Mais loin de lui l’idée de croire que le combat est gagné.

« Ça va bien, mais nous ne sommes quand même jamais exempts de soucis financiers. Juste de dire qu’on roule depuis 33 ans, ça mériterait de convoquer la presse ! On ne roule quand même vraiment pas sur l’or et pour nos autres événements, c’est parfois plus difficile de sortir la tête de l’eau », a-t-il rappelé.