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Artisanat et culture se rencontrent dans l'exposition Fait main/Hand Made

Mitch Mitchell a conçu une chaise dont le bois a été fait exclusivement de couches de papier journal compressé.
Photo Stevens LeBlanc Mitch Mitchell a conçu une chaise dont le bois a été fait exclusivement de couches de papier journal compressé.

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Une éclatante exposition vient de prendre place pour l’été au Musée national des beaux-arts. Colorée, baroque et assez « trash », Fait main/Hand Made rassemble une centaine d’œuvres singulières et intrigantes de 38 artistes canadiens qui exploitent les techniques artisanales, mais qui s’ancrent dans la culture populaire.

Il y a plusieurs années que le conservateur en art actuel du MNBAQ, Bernard Lamarche, a remarqué le retour de l’idée du savoir-faire, de l’artisanat.

« L’idée, c’est de revaloriser le travail manuel, de sorte qu’on puisse réfléchir à l’intelligence de la main, à travers la réappropriation des techniques artisanales », a-t-il expliqué mercredi, lors de l’inauguration de Fait main/Hand Made au pavillon Pierre Lassonde, six ans après avoir déposé son projet.

Quand on évoque l’artisanat, on pense à l’objet pratique. Ce n’est pas du tout ce qui a été mis de l’avant dans le choix des œuvres. « J’ai tassé toute fonctionnalité », explique Bernard Lamarche.

Barb Hunt recouvre des répliques de mines antipersonnel de tricot rose.
Photo Stevens LeBlanc
Barb Hunt recouvre des répliques de mines antipersonnel de tricot rose.

De l’attitude

Son principal critère de sélection ? Les œuvres tissées, gravées, brodées, tricotées ou sculptées qu’il a choisies s’inscrivent dans la culture populaire.

Bernard Lamarche cherchait des œuvres qui ont « de l’attitude », qu’elle soit « punk, rock’n’roll, irrévérencieuse, brute, naïve », dit-il. Rarement voit-on réunies dans un même espace autant d’œuvres disparates qui se répondent avec une aussi grande cohérence.

« Ce que j’ai voulu faire, c’est d’accoler l’artisanat à l’idée de la culture populaire. Il y a des références dans l’exposition à Star Trek, à la Révolution française, au manga, au modèle à coller.

Olivier Roberge sculpte des paysages miniatures naturalistes.
Photo Stevens LeBlanc
Olivier Roberge sculpte des paysages miniatures naturalistes.

« Il y a des pièces au niveau technique qui sont hallucinantes », ajoute-t-il avant de mentionner cette œuvre de Sarah Maloney qui a pris neuf ans à terminer. Intitulée Skin, il s’agit d’un vêtement à l’image du corps féminin constitué de 400 000 billes de verre tissées une à une.

Un parcours en cinq temps

Le parcours débute avec une œuvre d’envergure de Cal Lane, une femme soudeuse qui a fait une œuvre qui ressemble à un immense morceau de dentelle... en métal, opposant ainsi la féminité et un savoir-faire industriel généralement réservé aux hommes. Un bel exemple des dualités qu’on rencontre tout au long de l’exposition.

La première des cinq thématiques mises de l’avant est la transmission du savoir, sur quoi l’artisanat repose, avant de traverser une section textile, loisirs et lowbrow, un mouvement d’art pictural californien. Une section irrévérencieuse où se trouvent entre autres des pièces cocasses de Paryse Martin et de François Morelli, qui tisse avec des ceintures de cuir.

On associe l’artisanat aux méthodes ancestrales, mais une pièce est entièrement dédiée à la technologie, soit des œuvres imprimées en 3D.

Si vous êtes prêts à vous laisser surprendre, Fait main/Hand Made est assurément une exposition incontournable à voir d’ici le 3 septembre.