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Le réconciliateur

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Décidément, même ses détracteurs les plus sceptiques devront finir par l’admettre, Trump entrera dans l’histoire comme un grand réconciliateur. En effet, depuis qu’il s’est poussé du G7, tout le monde aime Justin Trudeau.

Alors que sa lune de miel était terminée, voilà maintenant qu’on découvre des airs d’homme d’État au chef libéral. Même les très conservateurs Andrew Scheer et Doug Ford affichent leur solidarité avec le dernier politicien à avoir été insulté par le président des États-Unis. À Québec aussi, les partis sont unanimes à le soutenir.

Dans la classe politique américaine, Justin Trudeau trouve également bien des alliés. Plusieurs des gouverneurs des trente États qui ont le Canada pour principal client en font partie.

Position complexe

On croyait pourtant Trudeau disqualifié sur la scène internationale depuis sa balade en pyjama sur les bords du Gange. Voilà qu’il se retrouve à la tête d’une coalition des grandes démocraties qui tentent de préserver la coopération multilatérale, face à un président qui veut moins être le chef du monde libre que d’un club de « démocratures ».

Demeure que c’est une position complexe pour Justin Trudeau. Son grand ami Emmanuel Macron peut bien rappeler que, ensemble, six membres du G7 ont plus de poids économique que les États-Unis seuls, il n’y a aucun autre pays que le Canada qui partage une frontière de 9000 km avec le nouveau délinquant.

À la hauteur

Justin Trudeau tient ici les fils de son histoire. Il peut bâtir sur la lancée créée par Trump et réussir à obtenir un nouveau mandat au cours duquel il pourra espérer que l’électorat américain lui fournira un autre vis-à-vis. Il peut aussi retourner aux facéties auxquelles il nous avait habitués et qui ont fait chuter sa popularité.

Au moment où le Canada affronte sa plus grande épreuve diplomatique depuis le début de ce siècle, il est à souhaiter que Justin Trudeau soit conscient de la gravité du contexte. Dans le cas contraire, c’est lui que les Canadiens feront payer. Pas Trump.