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Mettre Montréal sur la carte, un Assassin’s Creed à la fois: le pari gagné de Yannis Mallat d’Ubisoft

Yannis Mallat d’Ubisoft en entrevue avec Christine Lemus (les cheveux à gauche).
Photo: Keven Horth Yannis Mallat d’Ubisoft en entrevue avec Christine Lemus (les cheveux à gauche).

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Dans le cadre de notre couverture de l’E3, qui se tient cette semaine à Los Angeles, nous nous sommes entretenus avec Yannis Mallat, PDG d’Ubisoft Montréal.
 
Si l’industrie du jeu vidéo semble régie par la culture du secret, M. Mallat, lui, ne semble pas avoir eu le mémo.
 
Bref, le monsieur avait de la jasette!
 
Ubisoft Montréal: 21 ans dans une métropole où plusieurs jeux AAA ont été créés en partie ou en totalité dans vos studios. On peut donc dire que le pari du studio français de s’installer au Québec est gagnant! Depuis, plusieurs compétiteurs ont également choisi de s’installer chez nous. Qu’est-ce qui fait que le Québec, et Montréal en particulier, goûte si bon aux compagnies de jeux?
 
Les raisons qui étaient valables en 1997, lorsque Ubisoft s’est installé, sont toujours (pertinentes aujourd’hui) comme des universités de très, très haut calibre. Et ça, c’est vrai pas qu’à Montréal, c’est vrai partout au Québec. 
 
Il y avait aussi déjà quelques entreprises qui œuvraient dans des milieux connexes. La présence de ces entreprises-là, comme Softimage par exemple, rassurait les patrons d’Ubisoft. 
 
Il y avait déjà, à l’époque, le programme de crédit d’impôt qui se mettait en place et c’est évidemment quelque chose qui a fait partie de la décision d’affaires. 
 
Ces trois raisons-là, elles demeurent toujours.
 
Le Québec, et Montréal, demeurent des endroits très compétitifs pour faire des jeux vidéos, mais — surtout — ce qui fait qu’on y reste, c’est le talent qu’on a découvert, et c’est le talent qu’on a contribué à faire croître.
 
Aujourd’hui, le Québec et Montréal sont le troisième pôle mondial du jeu vidéo et ce n’est pas rien!
 
Ubisoft Montréal est devenu le plus grand studio de jeu vidéo au monde.
 
Il y a (bel et bien) quelque chose au Québec. Il y a ce «je-ne-sais-quoi» qui est: un goût pour le risque, pour la créativité,  pour l’innovation, pour se démarquer et c’est une composante extrêmement importante dans notre industrie.

On dit souvent que l’E3 a d’énormes retombées pour les studios y participant. Est-ce toujours le cas pour Ubisoft? Est-ce toujours aussi excitant, voire angoissant, pour un studio majeur de présenter ici ses créations à venir?

 
Oui! L’E3 demeure un moment un peu privilégié. C’est l’endroit où on arrive et où on dévoile enfin au grand jour ce sur quoi on a travaillé depuis un, deux, trois ans et parfois plus longtemps.
 
C’est évidemment très excitant et ça demeure un moment quand même angoissant pour les équipes. Il y a toujours l’angoisse de «Est-ce que la bande-annonce va plaire?», «Est-ce que la démo va marcher?», etc. 
 
Il y a beaucoup de travail qui a été mis dans tout ce qui est présenté ici par les studios canadiens, mais c’est toujours aussi un moment magique parce que la qualité de ce qu’on propose cette année est d’une diversité absolument extraordinaire.
 
On passe de Just Dance jusqu’à Assassin’s Creed, en passant par For Honor, Rainbow Six... il y en a pour tous les goûts!

C’est cette magie du moment où on met tout ce qu’on a et puis, tout d’un coup, il y a une grande libération d’énergie, on sent l’adrénaline qui disparaît et ça laisse place à la joie. 

C’est un moment extrêmement joyeux pendant l’E3. On n’oublie pas de célébrer entre nous, sans trop se fatiguer quand même, mais quelques excès sont permis ici et là, donc c’est un moment magique, un grand moment de famille où on a mis beaucoup de travail et beaucoup d’énergie. 
 
Il y a de la joie, de la magie, et après on rentre dans les studios et puis on se dit «Bon, et voilà! Maintenant, tout le monde sait sur quoi on travaille!» et on a hâte de mettre la dernière touche pour finaliser le jeu et le livrer dans les mains du joueur!
Yannis Mallat d’Ubisoft en entrevue avec Christine Lemus (les cheveux à gauche).
Photo: Keven Horth

Parlons chiffres. La présentation Ubisoft, ça représente combien de personnes impliquées? De courriels échangés? D’heures de préparations?

Je serais bien embêté de vous répondre!
 
Je ne me suis pas amusé à les compter, mais vous avez raison, je devrais!
 
Ce qui ne se mesure pas ne peut s’améliorer, donc peut-être qu’on peut devenir encore plus efficace ou faire encore plus de bruit.
 
Ce que je sais, c’est qu’il y a un ralliement extraordinaire de la communauté, quelle qu’elle soit. 
 
Je crois que la conférence de presse a confirmé notre position de leader dans l’industrie. Je pense que les studios canadiens confirment aussi leur position de leader avec la qualité des présentations, avec laquelle vient la reconnaissance instantanée qu’on a reçue sur les réseaux sociaux où la réponse est dithyrambique.
 
Je sais qu’on a eu beaucoup d’amour de la part de nos communautés et ça c’est notre facteur-clé numéro un: qu’on garde leur satisfaction.
Dernière question: à quand Assassin’s Creed: Nouvelle-France?
 
C’est une bonne question (rires)!
 
Je ne pourrais pas vous répondre, bien évidemment, vous vous en doutez. Ceci étant dit, si on regarde la franchise, on sait qu’elle repose sur le fait de revisiter les périodes du passé qui ont fait en sorte que le monde est ce qu’il est aujourd’hui.
 
Donc il y a effectivement une période intéressante pendant la Nouvelle-France.
 
D’ailleurs je crois que dans Assassin’s Creed 3, on flirtait presque avec certains personnages qui ont été impliqués dans des affaires entre les États-Unis et le Canada, notamment Lafayette si je ne m’abuse, mais on n’a pas trop exploré ça.
 
On aurait pu, on va regarder.
 
Concrètement parlant, je crois qu’il y a en ce moment des stratèges de la marque qui sont en train de regarder sur une période de trois, cinq et dix ans où peut aller la marque, je ne manquerai pas de leur poser la question!

 

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