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Pénurie de main-d’œuvre: des entreprises haussent le salaire de leurs employés

Pour attirer et garder de la main-d’œuvre, l’entreprise Moulage sous pression AMT de Saint-Cyprien, près de Rivière-du-Loup, a décidé d’augmenter ses salaires.
Photo Patric Nadeau Pour attirer et garder de la main-d’œuvre, l’entreprise Moulage sous pression AMT de Saint-Cyprien, près de Rivière-du-Loup, a décidé d’augmenter ses salaires.

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SAINT-CYPRIEN | Des entreprises du Bas-Saint-Laurent décident d’augmenter le salaire de leurs employés, parfois jusqu’à près de 3 $ de l’heure de plus à l’embauche, pour attirer et garder de la main-d’œuvre.

Des entreprises vont au-delà des mesures attractives habituelles, comme une bonne conciliation travail-famille ou l’accès à une salle de gym pour s’entraîner. Pour convaincre des gens de venir travailler pour elles et, par la suite, les garder, elles choisissent d’augmenter considérablement les salaires qu'elles offrent. 

C’est le cas de Moulage sous pression AMT, à Saint-Cyprien, près de Rivière-du-Loup, qui veut embaucher un peu plus de 100 personnes. Le taux horaire pour les préposés à l’entretien et à l’outillage ou pour les couleurs-opérateurs passe de 15,02 $ à 17,41 $. Les employés déjà en place graviront beaucoup plus rapidement les échelons.

«Le marché de l’emploi est assez serré, actuellement, tout le monde le sait. Aussi, on a des projets et des nouveaux contrats qui démarrent. On s’attend à ce que notre niveau de main-d’œuvre augmente au courant des prochaines années, donc on se prépare», dit le directeur général adjoint Frédéric Jean. L’entreprise n’a pas l’intention de refiler à ses clients les frais que cela lui occasionnera.

Quelques semaines avant et quelques kilomètres plus loin, Aliments Asta, une usine d’abattage et de transformation du porc, à Saint-Alexandre-de-Kamouraska, annonçait à ses 400 employés une augmentation de salaire surprise. Certains salaires à l’embauche sont passés de 13,50 $ à 15 $ de l’heure.

Bonne stratégie

Selon Jean Dubé, professeur en développement régional à l’Université Laval, il s’agit, pour ces entreprises, d’une bonne stratégie qui peut leur permettre d’être plus compétitives. Ces décisions pourraient convaincre une poignée de travailleurs, selon lui. «Il y en a peut-être qui risquent de changer d’idée, ces quelques joueurs qui ont juste besoin de ça [une hausse de salaire] pour les attirer. Mais je ne pense pas que, fondamentalement, ça va chambarder le marché du travail», dit-il.

Le président de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Stéphane Forget, constate pour sa part que la rémunération hebdomadaire moyenne au Québec a particulièrement augmenté cette dernière année, soit de 4 %, la hausse la plus marquée au pays (Statistique Canada).

«L’économie va bien, le taux d’emploi est très élevé et il y a les enjeux de rareté et même de pénurie de main-d’œuvre. Ces trois facteurs mettent de la pression sur la capacité des entreprises à trouver des employés. Un des moyens, et ce n’est pas le seul, est la hausse des salaires», a dit Stéphane Forget, PDG de la fédération, qui dit avoir constaté par lui-même, par exemple, que le McDonald’s de Val-D’Or, en Abitibi, faisait de son salaire plus élevé que le salaire minimum un attrait à l’embauche.