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Plusieurs signalements à la DPJ pour les deux jumelles abandonnées

Le voisinage avait déjà sonné l’alarme

Abandon Jumelles
Photo Catherine Bouchard Les deux fillettes étaient dans le cadrage d’une fenêtre du troisième étage à droite (où l’on voit les chaises blanches) de cet immeuble à logements de Charlesbourg.

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Plusieurs signalements ont été faits à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) au sujet des deux petites jumelles de deux ans laissées à elles-mêmes par leur mère et leur grand-mère dans un appartement de Charlesbourg.

La triste histoire des deux fillettes a ébranlé le Québec mercredi, alors qu’elles ont été secourues de justesse par la police au moment où elles étaient perchées sur le bord d’une fenêtre de l’appartement, situé au troisième étage d’un immeuble de la rue de Nemours.

Selon les informations obtenues par Le Journal, plusieurs signalements ont été effectués auprès de la DPJ, notamment par le voisinage de la famille des deux fillettes.

Il n’a pas été possible de savoir ce qu’il est advenu de ces signalements, en raison de la nature confidentielle de chaque dossier. Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) indique n’être jamais intervenu dans ce logement auparavant.

« Les situations sont différentes les unes des autres », invoque Patrick Corriveau, directeur adjoint à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Selon le cas, une intervention peut survenir « dès un premier appel », mais « parfois, c’est à la suite d’un, de deux ou de trois appels », selon M. Corriveau.

« On va colliger ces informations. [On] nous rend [la situation] sous des angles différents. Ce sont des leviers pour intervenir », précise-t-il, avant d’ajouter que le retrait du milieu familial reste « l’intervention ultime ».

« Pas de corrélation à faire »

C’est la deuxième fois au cours des derniers mois que la DPJ est sur la sellette pour des histoires de maltraitance ou de négligence envers de jeunes enfants à Charlesbourg.

Mi-avril, Audrey Gagnon était accusée du meurtre de sa fille Rosalie, âgée de deux ans. Là aussi, des signalements auraient été faits préalablement, sans suite connue.

« Il n’y a pas de corrélation à faire. Ça rappelle surtout l’importance de signaler, défend M. Corriveau. Il peut nous manquer un morceau du casse-tête, et l’appel qui va entrer va être l’élément qui nous manquait. »

Lorraine Giguère, la gérante du commerce situé en face de l’immeuble, qui a alerté la police lundi, n’ose pas imaginer si elle n’avait pas aperçu les deux petites à la fenêtre.

Elle indique qu’elle aurait agi autrement si elle avait su. « Je ne savais pas ce qui se passait et que c’était insalubre, explique-t-elle.

« Ce matin, j’ai vu la femme de 18 ans. Elle sortait des ordures. Elle a dû faire du ménage, elle a fait plusieurs voyages avec des gros sacs de vidanges ».

— Avec la collaboration d’Arnaud Koenig-Soutière