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Rapport de la Commissaire à l’éthique: le gouvernement libéral appuie Pierre Paradis

Rapport de la Commissaire à l’éthique: le gouvernement libéral appuie Pierre Paradis
Photo d'archives, Simon Clark

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Le gouvernement Couillard votera contre les recommandations de la Commissaire à l’éthique, qui réclamait une sanction de 25 000 $ contre l’ex-ministre libéral Pierre Paradis.

«Si nous votions pour ce rapport-là, il y aurait une injustice de commise», a plaidé mercredi le leader parlementaire Jean-Marc Fournier.

Dans un rapport dévastateur déposé la semaine dernière, Me Ariane Mignolet accuse le député de Brome-Missisquoi d’avoir utilisé son allocation de logement à Québec pour « favoriser les intérêts » de sa fille et son gendre. Elle recommande que l’ancien ministre libéral, qui n’a pas mis les pieds au parlement depuis plus d’un an, soit tenu de rembourser 24 443,63 $ au trésor public. Le vote sur les sanctions pécuniaires aura lieu jeudi.

«Je vous annonce que nous allons voter contre, on ne veut pas créer d’injustice», a renchéri le ministre, en conférence de presse à l’Assemblée nationale.

M. Fournier s’appuie sur un avis juridique pour en arriver à cette conclusion, ce qui est très inhabituel.

Selon lui, il n’est pas question par ce geste de désavouer Me Ariane Mignolet ou son institution. «Ce n’est pas un vote sur la Commissaire, ce n’est pas un vote sur l’institution, c’est un vote sur un rapport, sur son contenu», a-t-il insisté.

Les partis d’opposition ont vertement dénoncé le soutien des libéraux à Pierre Paradis. «Les libéraux sont prêts à tout pour protéger la clique libérale. C'est la clique avant l'éthique, c'est ça, le gouvernement libéral», a pesté le chef de la CAQ, François Legault.

Selon lui, quand des élus décident de se donner une Commissaire et un Code d’éthique, ils ne peuvent ensuite choisir seulement les recommandations qui leur plaisent.

Le chef péquiste Jean-François Lisée estime que le comportement du député de Brome-Missisquoi était clairement répréhensible et mérite d’être sanctionné. «Je crois que les libéraux terminent ce mandat comme ils l’ont commencé, avec l’absence d’une boussole éthique, a-t-il déploré. À la première occasion, les libéraux défendent un comportement condamnable et condamné d’un des leurs».

Cohabiter avec sa maîtresse ne pose pas problème

Dans une réplique déposée mercredi à l’Assemblée nationale, le député désormais indépendant Pierre Paradis reproche à nouveau l’impartialité de la Commissaire. Il soutient que la plaignante à l’origine de cette enquête est la même qui l’a accusé d’agression sexuelle, début 2017, une ancienne collègue de travail d’Ariane Mignolet.

Il dit que durant l’enquête, la Commissaire à l’éthique lui a confirmé que s’il avait cohabité avec «une maîtresse» au lieu de sa fille et son gendre, la situation aurait été pleinement conforme au Code d’éthique.

Paradis mis en demeure par l’UPA

Pierre Paradis, mis en demeure par l’Union des producteurs agricoles (UPA) dans les derniers jours, soupçonne que son exclusion du Conseil des ministres l’an dernier ait pu servir des fins politiques et réclame une enquête.

«J’ai des motifs raisonnables de croire que les allégations d’agression sexuelle, la plainte concernant mon logement, formulées à mon encontre de manière successive par la même plaignante, aient pu être faites dans l’intention de me nuire et viser à compromettre mon rôle de ministre de l’Agriculture. (...) Je suis préoccupé par l’annulation, immédiatement suite à mon départ comme ministre de l’Agriculture, d’une réforme en fiscalité foncière agricole», écrit-il à ses pairs.

Pierre Paradis a été démis de ses fonctions de ministre et exclu du caucus libéral l’an dernier en raison d’allégations de gestes à caractère sexuel envers une employée de son cabinet.

Depuis, il a été blanchi par le Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Victime d’une grave commotion cérébrale à la suite d’un accident d’équitation l’an dernier, M. Paradis n’a pas encore repris ses activités d’élu.